SOCIETE

Convoi de la liberté à Bruxelles : L’absence de leader a affaibli le phénomène viral


On attendait les participants par millier. La répétition du chaos parisien annoncé n’aura pas eu lieu. Très peu de perturbations ont été constatées sur les routes comme dans Bruxelles, hier. Le mouvement s’est essoufflé avant d’atteindre les portes de la capitale. Est-ce l’impressionnant dispositif de sécurité et les barrages filtrants mis en place par les forces de l’ordre qui ont dissuadé ? Pas seulement. Si l’engouement militant a été moindre, les raisons en sont plutôt virtuelles. Sans leadership, avec des intentions vagues et des informations contradictoires communiquées sur les réseaux sociaux, le phénomène viral s’est dilué. Retour en images sur une journée presque comme les autres.

Un soufflé militant qui est retombé

Des embarras de circulation étaient attendus à Bruxelles ce lundi 14 février en raison de l’arrivée attendue du Convoi de la liberté en provenance de Paris. Le mouvement, inspiré des convois de camionneurs canadiens n’aura pas fait mouche.

Ils étaient un peu plus de 200 sur le parking C du Heysel. Quelques maigres manifestations statiques se sont également tenues au Cinquantenaire et dans le quartier des quais près de la place Sainte-Catherine. Devant les institutions européennes, Rond-point Schuman, une poignée de participants ont tenté de sortir du périmètre imposé par la police. Ils ont été immédiatement refoulés.
Pris en sandwich, ils ont gentiment quitté les lieux. En début d’après-midi, certains d’entre eux ont alors tenté, sans succès, de changer leur fusil d’épaule en décidant de mettre le cap sur Strasbourg, siège du Parlement européen.

Quel bilan peut-on en tirer ?

 

bePress Photo Agency / Philippe

Des drapeaux de véhicules sont vus sur le parking C de la zone d’exposition du Heysel, lors de ce convoi de la Liberté invité à bloquer la capitale avec leurs véhicules ce lundi 14 février. Le convoi de la liberté autoproclamé (vrijheidskonvooi) est la version belge de la protestation des camions canadiens contre les vaccins, le ticket covid-safe-ticket et les sentiments anti-gouvernementaux plus larges.

Le numérique ne résiste pas à l’absence de leader

Il est de coutume d’évoquer l’influence virale des réseaux sociaux. Force est de constater que les codes de l’influence n’auront pas résisté à l’absence de leader d’opinions. Les algorithmes ont leurs limites. Le militantisme et la mobilisation virtuels rencontrent leurs effets pervers sans cadre. Si des internautes géographiquement distants peuvent avoir une proximité d’idées, sans influenceur désigner pour mener l’action, l’engagement d’une communauté dispersée en ordre de marche perd de son engagement.

Comparativement, si l’action des « gilets jaunes » en 2018 a pris autant d’ampleur, c’est justement parce qu’elle avait ses porte-paroles désignés, dont Éric Drouet était l’un deux. Des visages représentant les revendications citoyennes occupaient le terrain. C’est ce qui a permis d’éviter que le mouvement à visées politiques ne devienne le simple fait « d’agitateurs » disparates. Le Convoi européen de la liberté s’est-il de facto éteint pour ces raisons ce 14 février ? Il y a fort à parier…