Présidentielle française

A trois jours du scrutin, un débat combat sans éclat

Le débat entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen déplacera-t-il dimanche prochain des montagnes de votes jusqu’ici abstentionnistes ? Pas sûr. Le match retour d’il y a cinq ans, quelque peu ennuyeux, n’a pas offert de moment politique grandiose. Certes, la candidate du RN a tenté calmement (trop peut-être) de donner le change, en vain, face à elle, le président sortant est apparu plus combatif, plus mordant, relevant toutes les incohérences de son adversaire, corrigeant ses approximations, l’attaquant sur ses contradictions  jusqu’à la pousser dans les cordes...bouche bée. Un débat à l’image de la campagne électorale, sans véritable saveur.

Hier soir s'est tenue la grand'messe de l'entre-deux-tours, le traditionnel rendez-vous des deux finalistes à la course à l'Elysée, le même qu'en 2017, qui a vu cette fois s'affronter un Emmanuel Macron nourrit de son statut de chef d'Etat et une Marine Le Pen moins gonflée à bloc qu'on ne l'aurait cru et pas vraiment meilleure.
Trop poli, trop minuté, (trop) de bonne tenue, le rendez-vous n'a pas manqué de ne pas ressembler à un véritable débat même si tous les grands sujets de sociétés, économiques, internationaux et de gouvernance ont été abordés.  Sûr de lui, maitrisant ses dossiers, Emmanuel Macron est apparu offensif  d'entrée de jeu et sur chaque thématique, affirmant, ci et là, être d’accord avec les constats présentés par Marine Le Pen tant sur le pouvoir d’achat que sur les difficultés du secteur hospitalier. Et, reconnaissant également volontiers  toutes les difficultés relevées par l'adversaire et inhérentes au secteur l’enseignement, Macron lâchera que ce dossier lui tenait particulièrement à cœur  « Je suis un enfant de l’école de la République », précisera-t-il la main sur le cœur. On sait pourtant qu’il fit ses classes chez les Jésuites. Marine Le Pen ne le relèvera pas.

Un président candidat offensif sur tout

Mordante à demi-mot, sans voix souvent, plissant les yeux souvent, se pinçant les lèvres sans cesse, on s’étonne de ne pas avoir vu la candidate du RN plus piquante en usant de dossiers qui auraient pu un peu faire un peu vaciller le candidat  d'En Marche (par exemple sur les montants accordés au cabinet de conseils McKinsey, l'affaire Benalla ou Alstom). Emmanuel Macron, lui, est parvenu plus d’une fois à déstabiliser son adversaire tant sur la question de l’appartenance de la France à l’Europe, que sur celui du port du voile, appuyant longtemps aussi sur les fameux prêts russes de campagne du parti d’extrême droite contractés en 2014 et la non opposition, dans la foulée, du RN à l’annexion de la Crimée par la Russie.

Quand vous parlez à Vladimir Poutine, vous parlez à votre banquier

Si dans le camp de l’une ou de l’autre, chacun estime aujourd’hui que son champion a bien joué, nul doute que les électeurs de Mélenchon et les nombreux abstentionnistes n’y auront pas trouvé leur compte. Les deux candidats ont décliné gentiment leur programme permettant aux indécis d’être éclairés sur les différences des deux finalistes mais sans pour autant véritablement convaincre. Macron a tenté de montrer trois heures durant les limites du programme de Le Pen.

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