Les exportations belges ont reculé de 4% en 2024 par rapport à 2023, mais la dépendance a augmenté

Journaliste – Rédacteur en chef.
AFPCe sont les observations d’une analyse du SPF Economie qui a comparé la situation de la Belgique par rapport aux autres pays. Notre pays a reculé plus fortement que le commerce mondial et sa dépendance aux importations des pays hors-Union européenne s’est renforcée dans différents secteurs (automobile, fabrication d’appareils électriques, etc.). Un petit point positif : l’intensité de la Recherche et Développement est plus importante dans notre pays qu’ailleurs. L’analyse confirme des éléments qui pénalisent les entreprises belges sur la scène internationale.
En attendant les chiffres de 2025 des autres pays du monde afin de pouvoir faire une comparaison plus récente, le SPF Economie a analysé les performances des exportations belges en 2024. Et d’après les conclusions de la première édition de l’étude sur la compétitivité de la Belgique, notre pays fait moins que les autres.
Des exportations en recul de 4% en 2024
Concrètement, les exportations belges ont reculé de 4% en 2024 par rapport à 2023, alors que le commerce mondial a enregistré une baisse de 3%. « Une baisse plus marquée qui confirme les difficultés rencontrées par une économie fortement ouverte dans un contexte international déjà dégradé. Avec 1,8% de part de marché à l’exportation, la Belgique occupe désormais la 19ème place au niveau international », commente le SPF Economie.
Une baisse plus marquée qui confirme les difficultés rencontrées par une économie fortement ouverte dans un contexte international déjà dégradé.
L’administration fédérale de l’Economie relève que les secteurs dominants comme la Chimie « sont particulièrement exposés à la conjoncture mondiale et contribuent largement à cette évolution ».
Alors qu’elle a moins exporté que les autres pays, la Belgique a renforcé sa dépendance vis-à-vis d’autres pays, principalement dans plusieurs secteurs. D’après le SPF Economie, la dépendance de l’industrie belge à l’égard des importations en provenance des pays hors Union européenne (UE) continue de croître dans la majorité des branches industrielles. « Cette tendance est portée en particulier par les échanges avec la Chine, le reste de l’Asie et les États-Unis. Elle reflète l’intégration de la Belgique dans les chaînes de valeur mondiales, mais accroît également les risques liés aux chocs externes et aux tensions géopolitiques », poursuit le SPF Economie.
La R&D un peu privilégiée
Les secteurs de dépendance les plus concernés sont notamment l’industrie automobile, la fabrication d’appareils électriques, le textile et le cuir, où, d’après l’administration de l’économie, les intrants importés occupent une place centrale dans la production.
Un recul plus marqué des exportations et une dépendance accrue vis-à-vis de partenaires hors UE, mais aussi une capacité d’innovation qui demeure un atout majeur.
La Belgique se distingue toutefois par l’attention accordée à la Recherche et Développement (R&D). Elle est passée de 3,1% du PIB en 2015 à 3,4% en 2024, grâce à l’industrie pharmaceutique. « Les analyses montrent une évolution contrastée de la compétitivité belge : un recul plus marqué des exportations et une dépendance accrue vis-à-vis de partenaires hors UE, mais aussi une capacité d’innovation qui demeure un atout majeur. Avec le Belgian Competitiveness Overview, le SPF Economie propose un nouvel outil permettant, d’une part, de suivre de manière régulière l’évolution des principaux déterminants de la compétitivité belge et à en faciliter la compréhension ; d’autre part d’offrir une vue d’ensemble cohérente et factuelle de ces dynamiques afin d’alimenter le débat économique », explique Etienne Mignolet, porte-parole du SPF Economie.
Des éléments qui freinent la compétitivité
Mais les auteurs de l’analyse relèvent des éléments qui pénalisent les entreprises sur la scène internationale. Concrètement, ils ne font que confirmer le constat posé par les entreprises depuis des années : le niveau plus élevé de facture énergétique en Belgique que dans les pays voisins, des gains de productivité limités qui n’arrivent pas à compenser les salaires plus élevés (en raison notamment de l’indexation automatique des salaires).
Les auteurs de l’analyse relèvent des éléments qui pénalisent les entreprises sur la scène internationale : coût de l’énergie plsu élevé, handicap salarial, etc.
D’après l’analyse, l’intensité énergétique et l’intensité en émissions de gaz à effet de serre sont élevées, soulignant ainsi la nécessité d’accélérer la transition énergétique. Par ailleurs, pour le SPF Economie, malgré une base numérique solide, un déficit de compétences, notamment en matière de diplômés dans les filières STEM (sciences, technologies, ingénierie et mathématiques) est un handicap pour les entreprises.
La conséquence de la situation est que la Belgique affiche un taux d’emploi encore inférieur aux objectifs fixés…
(Le secteur automobile belge est fortement dépendant des pays situés en dehors de l’Union européenne. Crédit photo : AFP).
