MAUVAISE NOUVELLE POUR LE PROFIL DE LA BELGIQUE

Moody’s dégrade la note de la Belgique pour cause de dérapage budgétaire

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Le parfum d’une dégradation de la note de Belgique flottait dans l’air depuis quelques jours, mais le risque est devenu une réalité ce vendredi 17 avril. Dans un communiqué publié vendredi soir, Moody’s a indiqué qu’elle a décidé d’abaisser la note de la Belgique de Aa3 à A1 avec une perspective stable. L’agence américaine justifie sa décision par le niveau élevé de la dette par rapport au PIB malgré des mesures de consolidation significatives. Elle met aussi en avant la croissance modeste à moyen terme cumulée à des charges d’intérêts plus élevées et une augmentation des dépenses liées au vieillissement. Elle relève aussi la structure institutionnelle de la Belgique qui serait un frein à la prise de mesures pour faire face aux problèmes budgétaires. Reste à voir ce que dira Standard & Poor’s dans quelques jours. La dégradation de la note de la Belgique risque d’avoir un impact négatif sur la note de la Wallonie.

Cette fois, la Belgique n’aura pas échappé à la censure de Moody’s. L’agence de notation américaine a décidé de dégrader la note de la Belgique, pour la faire passer de Aa3 à A1 avec une perspective stable. « La décision d’abaisser la note de la Belgique à A1 reflète notre opinion selon laquelle ce gouvernement ne sera pas en mesure de mettre en œuvre des mesures suffisantes pour stabiliser le niveau de la dette », a précisé Moody’s dans un communiqué.

La décision de l’agence intervient après celle de Fitch qui avait sanctionné la Belgique en juin 2025 en lui retirant son double A. Les autorités belges attendent avec appréhension le verdict de Standard & Poor’s qui devrait tomber le 24 avril.

Les éléments qui pénalisent la Belgique

Trois éléments sont invoqués pour expliquer la décision de Moody’s. Il y a notamment le niveau élevé de la dette par rapport au PIB malgré les mesures de consolidation importantes prises par le gouvernement fédéral et une croissance modeste à moyen terme. Celle-ci est grevée par des charges d’intérêts élevées et une augmentation des dépenses liées au vieillissement et à la défense. Pour rappel, d’après les chiffres de l’Agence de la dette fédérale, la charge annuelle de la dette devrait passer de 12,2 milliards d’euros en 2026 à environ 20,9 milliards en 2030. Proportionnellement au PIB, le poids de la charge d’intérêts de la dette passerait, dans le même temps, de 1,9% en 2026 à 2,8%.

Le processus budgétaire de fin d’année 2025 a montré les limites de la consolidation budgétaire politiquement possible.

Par ailleurs, l’agence de notation américaine voit la structure institutionnelle de la Belgique comme un frein à la capacité de l’exécutif de prendre des mesures pour faire face aux problèmes budgétaires.

Même si Moody’s les réformes concernant les allocations de chômage, les malades de longue durée et les pensions, l’agence note que celles-ci ne suffiront pas pour juguler la dette et redoute que le déficit budgétaire ne se creuse. « La coalition actuelle à cinq partis a été formée sur une base politique relativement favorable à la consolidation budgétaire, dans la mesure où son accord de coalition plaçait la remise en ordre des finances publiques au centre du programme gouvernemental. Cependant, le processus budgétaire de fin d’année 2025 a montré les limites de la consolidation budgétaire politiquement possible », observent les experts de Moody’s.

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La contestation risque de se durcir si le gouvernement Arizona tente de prendre des mesures supplémentaires pour résoudre les problèmes budgétaires. (BELGA PHOTO NICOLAS MAETERLINCK).

Pas une bonne nouvelle pour la Wallonie

Avant le conclave budgétaire d’octobre 2025, l’agence avait décidé de ne pas toucher à la note de la Belgique, mais elle l’avait assortie d’une perspective négative. Mais malgré des efforts supplémentaires, évalués à près de 9 milliards d’euros, le déficit ne diminue pas assez selon les experts.

La dégradation de la note de la Belgique risque d’avoir un impact négatif sur la note de la Région wallonne.

Le déficit de l’entité publique fédérale (entité 1) est estimé à près de 36 milliards d’euros à l’horizon 2029 selon le comité de monitoring, traduisant ainsi une réduction de 7 milliards par rapport aux ambitions budgétaires de la majorité fédérale lors de sa constitution en 2025. Mais il faudra une réduction supplémentaire d’au moins 5 milliards à l’horizon 2029.

La conséquence la dégradation de la note de la Belgique est que notre pays risque devoir emprunter sur le marché des capitaux à des taux d’intérêts plus élevés. Par ailleurs, cette dégradation risque d’avoir un impact négatif sur la note de la Région wallonne. Car elle a un effet mécanique sur le profil de la Wallonie. La note actuelle de A3 avec une perspective négative attribuée par Moody’s risque donc de sauter pour être ramenée à B.

(La dégradation de la note de la Belhique par Moody’s n’est pas une bonne nouvelle pour le Premier ministre, Bart De Wever/à gauche sur la photo et ses partenaires de la majorité Arizona. Ici avec le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, Maxime Prévot/à droite sur la photo. Crédit : BELGA).