Notre belgitude reconnue et saluée à Cannes

Journaliste / Secrétaire de rédaction

Le Festival de Cannes a éteint les projos hier soir non sans célébrer dignement le cinéma belge qui repart avec trois récompenses et en tête du palmarès de cette 75ème édition. Si la Palme d’Or est revenue au film suédois « Triangle of sadness » de Ruben Ostlund, déjà lauréat en 2017 avec « The Square », les frères Dardenne ont reçu le Prix spécial du 75ème anniversaire pour « Tori et Lokita ». Quant à « Close » de Lukas D’Hondt, il remporte, on s’en réjouit, le Prix du Jury. Enfin, cette édition du Festival cannois fut aussi marqué par le succès d’un couple formé par Charlotte Vandermeersch et Félix Van Groeningen, réalisateurs de « Le otto montagne ».
Cette nouvelle édition du Festival de Cannes restera comme empreint de belgitude dans l’histoire de l’événement cinématographique. Emmenée par notre Virginie Efira comme maîtresse de cérémonie, il a vu les trois films belges sélectionnés en compétition officielle être salués par le jury officielle et figurer ainsi dans les meilleures places du palmarès 2022.

Close, by Lukas D’Hondt
On l’attendait, et on fut ravi de voir « Close », le second signé Lukas Dhont se hisser sur la seconde marche du Palais des Festivals. Cette chronique terriblement sensible d’une amitié adolescente qui se désagrège, a remporté le Grand Prix du Jury poussant sous le feu des projecteurs un tout jeune comédien amateur de 14 ans à peine.
La surprise fut que « Close » soit reconnu Grand Prix du Festival ex aequo avec le film « Stars at noon » de la cinéaste française Claire Denis.
Des ânes au sommet
L’une des belles surprises fut aussi le Prix du Jury, ex aequo lui aussi, qui est revenu à un autre film belgo-italien, celui réalisé par le charmant couple formé par Charlotte Vandermeersch et le timide Félix Van Groeningen, pour leur bébé tourné en Italie, « Le otto montagne » (Les huit montagnes), une ode à la vie et à l’amitié juste sublime et tendre.
« Otto montagne » a partagé son succès avec l’adorable mais inclassable long-métrage polonais, mettant en scène des ânes européens empreints d’humanité, « Hi Han (EO) » signé Jerzy Skolimowski conte la parcours d’un âne hors du commun. Le réalisateur leur rendra d’ailleurs un bel hommage en les présentant un à un, lors de la remise de son prix. Un moment tendre et drôle à la fois.

Un prix spécial indiscutable pour les Liégeois
On se doutait que le dernier film des frères Dardenne marquerait cette nouvelle édition du Festival. Le duo liégeois sait y faire. Alors si ce n’était la Palme d’Or, il fallait récompenser le talent réaliste et humain des réalisateurs belges d’une manière ou d’une autre. Le duo dispose déjà du palmarès le plus riche de tous les cinéastes dans l’histoire du festival, avec deux Palmes d’Or et de nombreux prix.

Les frères Dardenne, Prix spécial, visiblement émus.
Alors le jury officiel emmené par Vincent Lindon a créé pour eux le Prix spécial du 75ème Festival de Cannes, après approbation par le président de l’événement Pierre Lescure, dont c’était hier, la dernière cérémonie. Il cède sa place. C’est ainsi que le parcours tendre mais miné de « Tori et Lokita » est reparti salué par une salve d’applaudissement et un prix unique, sur mesure, en un mot exceptionnel, celui du 75ème anniversaire…
Enfin, la Palme d’Or fut offerte à l’audacieux et quelque peu provocant film suédois « Triangle of sadness ». Une comédie caustique signée du sémillant et pétillant Ruben Östlund. A voir assurément dès sa sortie en salle, cœur sensible s’abstenir, adepte d’humour noir, allez-y.

« Triangle of Sadness », Palme d’Or 2022, un film caustique signé par ce pétillant suédois.
Tous les cinémas récompensés ou presque
Dans le reste du palmarès, on notera encore que le prix d’interprétation féminine fut décerné à l’actrice iranienne condamnée à l’exil en France : Zar-Amir Ebrahimi, qui campe une journaliste de choc dans le polar improbable mais à voir « Holy Spider ».
Prix de la Mise en Scène est revenu à Parck Chan-wook pour « Décision to leave »; Prix d’interprétation Masculine à Song Kang-ho dans « Broker » réalisé par Kore-Eda Hirokazu et le Prix du Scénario à Tarik Saleh pour Walad Min Al Janna « Boy from Heaven ».
Le rideau est tombé, à regret aux dires du président du jury, Vincent Lindon, mais quelle belle édition que ce 75ème Festival de Cannes si reconnaissant envers notre cinéma.
