L’insécurité alimentaire atteint de nouveaux records en 2022

Le Réseau mondial contre les crises alimentaires (Global Network Against Food Crisis) vient de publier son Rapport mondial annuel. L’alliance internationale entre les Nations unies, l’Union européenne et des agences gouvernementales et non gouvernementales alerte. À l’échelle mondiale, les niveaux de la faim sont alarmants. En 2021, ils ont dépassé tous les records précédents. Près de 193 millions de personnes réparties dans 53 pays/territoires sont en situation d’insécurité alimentaire aiguë et ont besoin d’une aide urgente. Ce chiffre représente une augmentation de près de 40 millions de personnes par rapport au précédent record atteint en 2020.
Un chiffre qui a doublé en 6 ans
L’Union Européenne, conjointement avec l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture et le Programme alimentaire mondial, cofinance le Réseau mondial contre la crise alimentaire (Global Network Against Food Crisis) pour lutter contre la tendance préoccupante de la crise alimentaire dans les pays partenaires. L’UE a mis à disposition 120 millions d’euros pour le Réseau mondial depuis sa création en 2016.
Si l’on compare les 39 pays/territoires restés en situation de crise alimentaire au cours des six éditions , soit de 2016 à 2021, le nombre de personnes en situation de crise ou pire (Phase 3 ou plus de l’IPC/CH) ou équivalente a quasiment doublé, passant de 94 millions à près de 180 millions d’individus.

Un regard plus approfondi sur 2021
En 2021, près de 40 millions de personnes étaient confrontées à des conditions d’urgence ou pires (Phase 4 de l’IPC/CH ou plus) dans 36 pays. Plus préoccupant encore, plus d’un demi-million de personnes (570. 000) étaient confrontées à des conditions catastrophiques (Phase 5 de l’IPC/CH) – inanition et mort – dans quatre pays : l’Éthiopie, le Soudan du Sud, le sud de Madagascar et le Yémen.
Le nombre de personnes confrontées à ces conditions désastreuses est quatre fois supérieur à celui observé en 2020 et sept fois plus élevé qu’en 2016. Au cours du premier semestre 2021, des zones localisées du Soudan du Sud restaient en famine probable (Phase 5 de l’IPC).
En 2021, 236 millions de personnes supplémentaires se trouvaient en situation de stress (Phase 2 de l’IPC/CH) dans 41 pays/territoires et avaient besoin d’un soutien à leurs moyens d’existence et d’une aide à la réduction des risques de catastrophe pour éviter de sombrer dans une situation de sécurité alimentaire aiguë pire.

En 2021, près de 70 pourcent du nombre total de personnes en situation de crise ou pire (Phase 3 ou plus de l’IPC/CH) ou équivalente se trouvait dans dix pays/territoires en situation de crise alimentaire: la République démocratique du Congo, l’Afghanistan, l’Éthiopie, le Yémen, le nord du Nigeria, la République arabe syrienne, le Soudan, le Soudan du Sud, le Pakistan et Haïti. Dans sept de ces pays, les conflits ou l’insécurité étaient le principaux facteurs de l’insécurité alimentaire aiguë.
Les confits, un facteur déterminant d’insécurité
Le rapport note que les conflits restent le principal moteur de l’insécurité alimentaire. Bien que l’analyse soit antérieure à l’invasion de l’Ukraine par la Russie, il constate que la guerre déclarée par la Russie a exposé la nature interconnectée et la fragilité des systèmes alimentaires mondiaux, avec de graves conséquences pour la sécurité alimentaire et nutritionnelle.
Les pays qui font déjà face à des niveaux élevés de faim aiguë sont particulièrement vulnérables aux risques créés par l’invasion de l’Ukraine par la Russie, notamment en raison de leur forte dépendance aux importations de denrées alimentaires et d’intrants agricoles et de leur vulnérabilité aux chocs des prix alimentaires mondiaux.

« L’invasion de l’Ukraine par la Russie met en péril la sécurité alimentaire mondiale. La communauté internationale doit agir pour éviter la plus grande crise alimentaire de l’histoire et les bouleversements sociaux, économiques et politiques qui pourraient en découler. L’UE est déterminée à s’attaquer à tous les facteurs d’insécurité alimentaire : conflits, changement climatique, pauvreté et inégalités. S’il est nécessaire de fournir une assistance immédiate pour sauver des vies et prévenir la famine, nous devons continuer à aider les pays partenaires à effectuer la transition vers des systèmes agroalimentaires durables et des chaînes d’approvisionnement résilientes en exploitant tout le potentiel du Green Deal et du Global Gateway. Le défi est collectif », précise le rapport.
Pour lire le rapport complet : https://www.fsinplatform.org/
Copyright : Global Network Against Food Crisis
