ADHESION A L'OTAN

La Suède refuse de démentir la promesse d’extraditions de « terroristes » vers la Turquie

La Première ministre suédoise Magdalena Andersson au sommet de l’OTAN , à Madrid, avec le président turc Erdogan - AFP

OTAN – Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a dévoilé, à la fin du sommet de l’OTAN ce 30 juin, une « promesse faite par la Suède » concernant l’extradition de « 73 terroristes » vers la Turquie, alors que Stockholm candidate, comme la Finlande, pour rejoindre l’Alliance atlantique a besoin du soutien d’Ankara pour finaliser son adhésion. Malgré l’insistance des journalistes face à l’inquiétude de réfugiés kurdes qu’Ankara considère comme des terroristes, la Première ministre suédoise, Magdalena Andersson, n’a pas voulu démentir, ce dimanche 3 juillet 2022, cette affirmation qui suscite craintes et embarras dans le pays nordique.

Ce dimanche, la dirigeante suédoise tenait sa première conférence de presse depuis son retour du sommet de l’OTAN, lors d’une visite sur l’île du Gotland en mer Baltique. Celle-ci abrite, chaque début juillet, une semaine politique rassemblant notamment les chefs de partis. Mais c’est aussi un des lieux que l’armée suédoise va encore renforcer militairement après l’invasion russe de l’Ukraine et la décision suédoise d’entrer dans l’Otan. La Suède a-t-elle « promis » l’extradition de 73 personnes à la Turquie pour entrer dans l’Otan ? C’est la question qui lui a été posée.

Une promesse pour un blanc-seing ?

Depuis mi-mai, Ankara bloquait le processus d’élargissement aux deux pays en les accusant de protéger des combattants kurdes du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) et des Unités de protection du peuple (YPG), qu’il classe parmi les mouvements terroristes.

Dans un accord signé, mardi 28 juin, par Stockholm et Helsinki lors du sommet de l’Otan à Madrid, les deux pays nordiques s’engagent notamment par écrit à examiner « promptement et minutieusement » les demandes d’extradition turques. Aucune promesse de procéder effectivement à ces extraditions n’aurait été faite, la Finlande et la Suède ont rappelé depuis que le processus dépendait d’autorités et de tribunaux indépendants. Mais le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a évoqué, jeudi 30 juin à la fin du sommet de l’Otan, une « promesse faite par la Suède » concernant l’extradition de « 73 terroristes », menaçant de rebloquer l’adhésion de Stockholm à l’Alliance atlantique si les engagements n’étaient pas tenus.

La Suède continuera à respecter le droit national et international, aucun ressortissant suédois ne sera extradé.

 Une non-réponse

Pressée à plusieurs reprises ce dimanche de dire si une telle promesse avait été donnée, Mme Andersson s’est contentée de répéter la position de son pays : « la Suède continuera à respecter le droit national et international, aucun ressortissant suédois ne sera extradé, la décision reviendra à des autorités et des tribunaux indépendants. Des personnes non-suédoises peuvent être extradées à la demande d’autres pays, mais seulement si c’est compatible avec la loi suédoise et la Convention européenne sur les extraditions », a-t-elle réaffirmé, ce qui ne répond pas à la question posée.

Malgré l’insistance des journalistes, la cheffe du gouvernement n’a pas voulu dire si un tel engagement avait été donné – ou non – à Ankara pour lever le blocage turc à la candidature de la Suède et de la Finlande.

A lire aussi :

 TRANSFÈREMENT DU TERRORISTE ASADOLLAH ASADI VERS L’IRAN : DES AVOCATS FUSTIGENT UN PROJET DE LOI BELGE PERFIDE

https://lpost.be/2022/07/02/transferement-dasadollah-asadi-vers-liran-des-avocats-fustigent-un-projet-de-loi-belge-perfide/