Trafic de drogue au port d’Anvers : Un réseau tentaculaire incontrôlable ?
Un contrôle douanier de containers au port d’Anvers - AFPLa chambre du conseil d'Anvers a confirmé cette semaine l'arrestation d'un douanier de 58 ans interpellé dans le cadre d'une enquête judiciaire. Le fonctionnaire du SPF Finances, qui travaille au sein des douanes du port d'Anvers, était surveillé sur le réseau de télécommunication cryptée Sky ECC. Des relevés de ses échanges, il est suspecté d'avoir rendu des services à des organisations criminelles actives dans les milieux de la drogue. Il a été inculpé par un juge d'instruction pour corruption et abus de pouvoir. Deuxième plus grand port d'Europe, Anvers constitue, pour les criminels, un point d’entrée névralgique dans l’UE. En 2021, 90 tonnes de cocaïne ont été saisies par les douaniers. La « Mocro-Maffia », le groupe de narcotrafiquants marocains basé aux Pays-Bas, a entraîné une hausse sensible de la corruption. Les réseaux tentaculaires s'étendent sous l'influence des cartels sud-américains. Des journalistes et des magistrats sont aussi régulièrement menacés, quand ils ne sont pas abattus.
Les villes portuaires d'Anvers et de Rotterdam coopèrent intensivement pour lutter contre le trafic de drogue et arrêter le minage de leur ville. Selon les estimations européennes, les deux ports représentent plus de la moitié des importations de cocaïne en Europe. Ils fonctionnent comme des vases communicants : dès que les contrôles dans un port deviennent plus stricts, les criminels se déplacent vers un autre. Malgré cette coopération transfrontalière, dans la pratique, les autorités se heurtent à de nombreuses limites. Depuis 2013, la quantité de cocaïne saisie dans le port d'Anvers a été multipliée par 14. Derrière cette hausse, c'est tout un système de corruption bien ficelé qu'il faut démanteler. Un défi pour les autorités, alors que le niveau de violence monte d'un cran.
Le port est une passoire
Depuis 2018, dans le cadre du Stroomplan XXL, des contrôles renforcés ont vu le jour dont, notamment, des caméras avec reconnaissance de plaques d'immatriculation, des containers passés au scanner et une liste noire des chauffeurs qui ne respectent pas les règles. Mais, si ce port est perméable aux trafics, c'est aussi parce qu'il est immense. Il s'étend sur plus de 12.000 hectares et 235 millions de tonnes de marchandises transitent chaque année dans des conteneurs qui se comptent aussi par millions. C'est justement dans ces conteneurs que les cartels cachent leur drogue, souvent au milieu des ananas ou des bananes. Les ballots de drogues sont également dissimulés dans la structure même du container, scellés dans des cylindres métalliques. Les douanes le concèdent : Le site est donc très difficile à verrouiller et il est impossible de tout contrôler.
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