Politique

Un an après les inondations : sobriété et solutions concrètes plutôt qu’une commémoration officielle


Un an après les inondations de la mi-juillet 2021 qui ont endeuillé la Wallonie et causé d’importants dégâts matériels, principalement dans la vallée de la Vesdre et la région liégeoise, les autorités régionales, communales et fédérales s’apprêtent à commémorer cet événement dramatique. Ce sera l’occasion pour des officiels de présenter un bilan de qui a été fait pour venir en aide aux sinistrés tout en s’efforçant de passer sous silence ou bien à l’évoquer uniquement du bout des lèvres les causes qui ont conduit au drame ou les manquements des uns et des autres. Certes, le dérèglement climatique peut expliquer ces pluies torrentielles qui, après leur passage, ont laissé dans leur sillage désolation et colère. Ce dérèglement est, lui-même, la conséquence de l’activité humaine et des comportements de citoyens du monde qui ont exploité les ressources naturelles sans se soucier de l’état de santé de Dame nature.

Aujourd’hui, celle-ci nous confronte à nos contradictions et à nos paradoxes en nous rappelant combien nous avons été négligents avec elle. Les inondations de la mi-juillet nous rappelle que les déplacés climatiques ne viendront pas uniquement de l’étranger, mais qu’il peuvent aussi en exister chez nous.

Mais le réchauffement climatique n’est qu’une partie des causes des inondations meurtrières de la mi-juillet 2021. Car cela fait longtemps que les prévisions indiquent une fréquence plus régulière périodes de fortes chaleurs et des inondations. Mais force est de constater que personne ne s’est préoccupé de la sécurisation des bords de nos fleuves et de nos cours d’eau. Par ailleurs, certaines autorités locales ont continué à autoriser des constructions d’habitations dans des zones inondables au nom d’une logique qui échappe au bon sens.

Un an après le drame, des dossiers d’indemnisations sont toujours non-résolus, des familles sont encore dans le besoin et les assurances n’ont pas encore tout réglé.

Un an après les inondations de la mi-juillet, au lieu de commémorations au cours desquelles les différentes autorités mettront en avant leur volonté de rendre des hommages appuyés aux disparus et aux sinistrés, il vaudrait mieux plutôt faire dans la sobriété et accélérer la cadence dans les solutions à apporter aux victimes. Car, un an après le drame, des dossiers d’indemnisations sont toujours non-résolus, des familles sont encore dans le besoin et les assurances n’ont pas encore tout réglé. Par ailleurs, le drame a révélé que notre système de solidarité nationale demeure inefficace, car le niveau fédéral n’a rien trouvé d’autre qu’un prêt à accorder à la Région wallonne pour l’aider dans le financement des réparations et des reconstructions à défaut de débloquer des fonds nécessaires dans le cadre d’une vraie solidarité nationale sans contrepartie. Mais il faut éviter d’éventuelles critiques qui pourraient venir du nord du pays pour fustiger toute aide qui pourrait être apportée à la Wallonie, même en cas de catastrophe naturelle, sans revendiquer un geste similaire vis-à-vis de la Flandre même si celui-ci ne se justifie pas.

La Belgique n’hésite pas à débloquer des fonds et une assistance pour porter secours à des populations à l’étranger quand celles-ci sont confrontées à des drames.

Et pourtant, la Belgique n’hésite pas à débloquer des fonds et une assistance pour porter secours à des populations à l’étranger quand celles-ci sont confrontées à des drames. Mais sur le territoire belge, cet élan de solidarité « gratuit » ne joue pas. Bienvenue dans le surréalisme belge. Il a plutôt fonctionné au sein de la population flamande où de de bonnes âmes ont fait fi des considérations communautaires politiciennes et sont venus aider les voisins sinistrés wallons.

Un autre élément interpelle. Un an après le drame, la commission d’enquête parlementaire, mise en place au niveau wallon, pour examiner les causes et pour évaluer la gestion des inondations de juillet 2021 en Wallonie a rendu son rapport avec 161 recommandations. Mais aucune responsabilité n’a été identifiée. Et pourtant, il y a eu des manquements. Certaines populations ont été prévenues et pas d’autres. La réaction des autorités locales et provinciales dans le moment fort du drame a été épinglée. Le fonctionnement du barrage d’Eupen lors de ces inondations a été questionné, mais tout a parfaitement fonctionné, Madame la marquise, serait-on tenté d’écrire à la lecture du rapport.

En ce 14 juillet 2022, un an après les inondations, ce serait mieux de faire dans la sobriété et annoncer des échéances concrètes aux sinistrés qui attendent toujours des réponses et dire à la population concrètement, ce qu’il adviendra des 161 recommandations du rapport de la commission d’enquête parlementaire.


Recent Posts

  • Société

La philanthropie comme moteur de résilience

BRUXELLES. À l’initiative de la Fondation Roi Baudouin, quelque 1.500 acteurs belges et internationaux se…

11 heures ago
  • Société

Action de sensibilisation de la CNE à Liège mardi 7 avril

LIEGE.  A l’occasion de la journée européenne de lutte contre la commercialisation de la santé,…

12 heures ago
  • Breaking News

Crise énergétique : le fédéral opte pour des aides ciblées aux ménages les plus vulnérables

Le MR, membre du gouvernement fédéral, a réitéré, jeudi 2 avril, sa demande d’obtenir l’application…

1 jour ago
  • Breaking News

Guerre au Moyen-Orient: Londres veut forcer Téhéran à lever le blocus du détroit d’Ormuz

Le détroit d’Ormuz est devenu l’épicentre d’une crise mondiale, où la géopolitique se mêle désormais…

1 jour ago
  • Breaking News

Flambée du prix des carburants : le MR veut redistribuer les gains engrangés par l’Etat aux consommateurs

Par la voix de ses ministres, le MR forcera de nouveau la discussion sur les…

2 jours ago
  • Breaking News

Le texte de loi sur la modernisation du rail belge sera examiné en deuxième lecture

Les députés de la commission « Mobilité et Entreprises publiques » de la Chambre ont…

3 jours ago