Culture

Appropriation culturelle et « blackfishing » : la saga des dreadlocks en Suisse

C’est le buzz musical de l’été. Alors qu’il se produisait dans une brasserie branchée de Berne, le groupe Lauwarn est contraint d'interrompre son concert. Il est depuis au cœur d'une polémique qui voudrait voir les dreadlocks des musiciens coupées. Ce mardi 16 août, c’est un bar à Zurich qui a renoncé au dernier moment à faire jouer le guitariste autrichien Mario Parizek qui porte lui aussi des dreadlocks alors qu’il est blanc. Le débat capillaire prend désormais une tournure politique. Des jeunes militants de l'UDC Suisse (Union démocratique du centre, un parti politique suisse conservateur et nationaliste) ont pris le contrepied. Ils ont annoncé vouloir saisir la justice pour « racisme antiblanc ». L’affaire des rastas blancs relance la question de l’appropriation culturelle. Mais, qu’est-ce que le « blackfishing » et existe-t-il dans l’industrie musicale ?

Le 18 juillet dernier, le groupe suisse de reggae Lauwarm devait se produire à la Brasserie Lorraine de Berne, un lieu alternatif de gauche. Le groupe est arrivé en portant des vêtements africains et des dreadlocks. Ces attributs ont dérangé une partie de l’assistance.
« Plusieurs personnes ont exprimé un malaise face à cette situation », écrit l’établissement sur sa page Facebook, où il a rendu l’incident public le 25 juillet dernier. L’histoire va se répéter.
Mardi 16 août, le guitariste autrichien Mario Parizek a vu son concert annulé, cette fois dans un bar zurichois, mais pour les mêmes raisons. La question de l’appropriation culturelle suscite des discussions animées en Suisse. Petite tentative de clarification.

« Blackfishing » ou échange culturel ?

Le terme d'appropriation culturelle a été mentionné pour la première fois dans un article d'Arthur E. Christy datant de 1945. Ce n'est que dans les années 1980 qu’il a été utilisé à plus large échelle, lorsque le concept de « colonialisme culturel » a commencé à occuper le devant de la scène académique.
Dans un premier temps, l’expression est restée confinée au domaine académique pour finir ensuite par s’imposer dans la culture populaire. Selon la définition de l’Encyclopaedia britannica, « il y a appropriation culturelle lorsque les membres d'un groupe majoritaire adoptent des éléments culturels d'un groupe minoritaire de manière abusive, irrespectueuse ou stéréotypée ».

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