AVIATION D'AFFAIRES

Jets privés pollueurs : Faut-il réguler un secteur en pleine forme ?

L'intérieur du Flacon 10X du constructeur français, Dassault. Crédit: Dassault Aviation

Au cœur de l'été, la question des jets privés s'est invitée dans les débats. Des deux côtés de l’Atlantique, des internautes se sont mis à surveiller les allers-retours des jets des milliardaires. Un sujet qui concerne une minorité de personnes, mais impacte la population : 1 % des utilisateurs  serait à l’origine de 50 % des émissions mondiales de l’aviation. Un jet privé de quatre à vingt places produirait 2 tonnes de CO2 par heure. Si ces chiffrent semblent astronomiques, ils ont bien été calculés par des chercheurs et publiés dans le dernier rapport 2021 de l’ONG Transport & Environment. Faut-il interdire ou limiter les déplacements en jets privés, alors que le secteur est en pleine forme ? Difficile d'échapper à cette polémique qui enfle en plein réchauffement climatique couplé d’une crise énergétique. En France, à l’ère du grand plan de sobriété, Julien Bayou, secrétaire national d'Europe Écologie-Les Verts (EELV) réclame le bannissement des vols privés par voie législative. Mais une régulation, alors que le segment de niche affiche une forte croissance, s’annonce compliquée faute de règles européennes.

Les jets privés entrent-ils dans une zone de turbulences ? « Le secteur aérien est responsable de 2 à 3% des émissions mondiales de CO2, mais les vols privés ont une empreinte carbone par passager 5 à 14 fois supérieure aux vols commerciaux et 50 fois supérieure au train. En Europe, les trois quarts de ces vols pourraient être faits en train », dénonce William Todts, CEO de Transport & Environment, qui regroupe des ONG européennes du secteur. L'aviation privée est pourtant en plein essor depuis la pandémie, ses clients souhaitant éviter les suppressions de vols et la promiscuité face au virus. Le Royaume-Uni et la France sont les principaux pays hébergeant des jets en Europe, selon l'ONG. Dans l'Hexagone en 2019, un avion sur dix au décollage était un jet privé et la moitié des trajets était de moins de 500 km, c’est pourquoi la polémique est particulièrement vive en France.

 Ultra polluants

Ces voyages en avions affrétés à la demande pour de riches particuliers ou des entreprises se caractérisent par une empreinte carbone désastreuse. Alors qu'un Français émet en moyenne 9 tonnes de CO2, en une année pour l'ensemble de ses activités, un seul petit jet privé de quatre à vingt places peut en produire 2 tonnes en une heure, d'après l’ONG Transport & Environment. Chaque kilomètre ainsi parcouru coûterait à la planète 1.300 grammes de CO2 par passager contre 128 g en avion de ligne et 25 grammes en train.

Le secteur aérien est responsable de 2 à 3% des émissions mondiales de CO2, mais les vols privés ont une empreinte carbone par passager 5 à 14 fois supérieure aux vols commerciaux et 50 fois supérieure au train.

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