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En période de crise, les prix à la consommation ne cessent d’augmenter et pèsent sur les budgets des consommateurs. Ceux-ci sont nombreux à alerter l’ONG Foodwatch, qui milite pour la transparence dans le secteur agroalimentaire, sur une pratique constatée en supermarché : un certain nombre de produits voient leur proportions réduites, sans que l’on ne touche au prix. C’est ce qu’on appelle la shrinkflation ou l’inflation masquée. La manœuvre s’opère en catimini. Foodwatch a mené l’enquête et interpellé six marques qui ont modifié la taille de leurs produits-phares : Kiri, St Hubert, Saint Louis, Salvetat, Lindt, Teisseire. Aucune n’a attiré l’attention des consommateurs sur ce changement de format. L’ONG dénonce cette opacité et demande par le biais d’une pétition adressée aux fabricants et distributeurs de s’engager à informer clairement le public. Elle craint une accélération de la pratique avec l’inflation galopante des prix alimentaires.
Foodwatch est une organisation non gouvernementale de défense des consommateurs. Fondée en 2002 en Allemagne par l’ancien directeur international de Greenpeace et économiste Thilo Bode, l’organisation existe depuis 2010 aux Pays-Bas et depuis 2013 en France. L’ONG se bat pour une alimentation sans risques, saine et abordable pour tous et toutes. Elle dénonce fermement une pratique qui consiste à donner moins au consommateur pour le même prix afin de ne pas lui présenter une trop forte augmentation des prix.
« L’inflation masquée est difficile à documenter car vous ne trouvez pas les deux formats en rayons en même temps », explique Camille Dorioz, directeur des campagnes de Foodwatch, dans un communiqué. « Alertés par des consommateurs mécontents, nous nous sommes donc plongés dans les anciens catalogues promotionnels des supermarchés et avons ainsi retrouvé des formats plus grands et moins chers. Une réduction de taille de 10 à 20% permet de réaliser de substantiels profits à l’insu des consommateurs lorsque les prix grimpent jusqu’à +37% au litre ou au kilo tandis ».
Pour dénoncer cette pratique, l’ONG a mis la main sur 6 produits qui ont subi une réduction de taille incognito. Le pot de margarine St Hubert Omega 3 a perdu 4% de son poids, passant de 240 à 230 grammes, mais son prix au kilo a augmenté de 18% depuis trois ans et son prix à l’unité de 13% ; dans ses boîtes de chocolat Pyrénéens au lait, Lindt a supprimé six bouchées (de 30 à 24), ce qui a réduit le poids du produit de 20%. Le prix au kilo chez Carrefour a, lui, bondi de 30% depuis 2020, quand le prix de la boîte a augmenté de 4%.
Saint Louis a modifié l’emballage de ses briques de sucre en transformant le format de 500g et de 750g en un format unique de 650g il y a trois ans et demi. Une opération gagnante : pour une diminution de poids de 13%, le prix à l’unité a augmenté de 12% tandis que le prix au kilo a gonflé de 29% chez Carrefour ; Salvetat (Danone) a réduit la taille de ses bouteilles d’eau de 1,25L à 1,15L il y a deux ans. Moins 8% de produit pour un prix au litre qui a augmenté chez Intermarché de 15%, alors que le prix à l’unité a augmenté de 5%.
La mention « Format généreux comme les gens du Sud » a disparu ; Teisseire a réduit le volume de son sirop de grenadine de 20% en fin d’année 2019, de 75cl à 60cl. Son prix de vente au litre chez Carrefour a, lui, bondi de plus de 37% depuis lors tandis qu’à l’achat le prix d’une bouteille n’a augmenté que de 12%. Le groupe justifie ce changement par une forte augmentation du prix du sucre ;
Kiri a réduit la taille de la portion de son fromage fondu de 10% il y a un an et demi. Les petites portions qui pesaient 20g font maintenant 18g. Chez Auchan, le prix à l’unité ne semble pas avoir changé mais le prix au kilo a augmenté de 11% ;
En moyenne, le panier composé de ces six produits épinglés par Foodwatch a vu son poids diminuer de 12% mais son prix au kilo ou au litre augmenter de 25%.
Mettre les pieds dans le plat
Certaines modifications opérées en catimini remontent à 2019. Le phénomène n’est donc pas récent mais risque fortement de s’accroître avec la crise énergétique et l’augmentation du prix des matières premières que nous subissons de plein fouet. Loin de se limiter à quelques exemples, la shrinkflation pourrait s’accélérer en cette rentrée 2022 avec l’inflation galopante des prix alimentaires.
Ce manque de transparence est inadmissible, estime Foodwatch, car « il induit consommateurs et consommatrices en erreur tant sur le format que sur le prix de produits qu’ils et elles ont l’habitude d’acheter ».
Ce 1er septembre, une pétition en ligne a été lancée « pour mettre les pieds dans le plat » : « La coupe est pleine. Il est déjà difficile de faire ses courses aujourd’hui, il faudrait en plus retenir tous les poids et les prix des aliments que l’on achète afin de pouvoir les comparer d’une semaine sur l’autre ? », s’insurge l’ONG.
Pour mettre fin à cette pratique, elle demande aux industries alimentaires et à la grande distribution de s’engager à informer clairement les consommatrices et consommateurs de tout changement de format avec une information en face avant du produit, indiquant la variation de quantité. « Elle pourrait prendre une forme identique aux informations habituellement mises en avant pour des promotions ou pour des formats spéciaux ou des changements de recette. Ces indications doivent aussi apparaître sur les sites de vente en ligne ».
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