Ce 8 septembre, c’est la Journée Internationale de l’Alphabétisation. Cette année, la campagne de l’ASBL Lire et Ecrire s’intitule « Le digital par défaut : simple clic ou nouvelle claque ? ». Un thème qui sonne comme une véritable problématique car en effet, généraliser le numérique à tous les services ne permet plus leur accès à tous les citoyens. Instauré de manière accélérée depuis la crise sanitaire dans les services au public, le numérique « par défaut » divise la société et renforce les discriminations envers les usagers éloignés des TIC. Pour les personnes en difficulté de lecture et d’écriture, soit 1 adulte sur 10 en Belgique, cette dématérialisation signifie le non accès à des ressources de base et la perte de droits essentiels. Lire et Ecrire a choisi naturellement ce jeudi pour occuper l’espace public afin de sensibiliser le grand public sous forme de files silencieuses devant certains guichets fermés à travers la Fédération Wallonie-Bruxelles et en réclamant, dans une lettre ouverte adressée aux responsables politiques, des mesures alternatives urgentes.
Le dernier le Baromètre de l'Inclusion numérique 2022 de la Fondation Roi Baudouin, réalisé par les équipes de recherche IACCHOS CIRTES de l'UCLouvain et IMEC-SMIT de la VUB, qui se sont basées sur les données de 2019 et 2021 de STATBEL, révèle la numérisation accrue de notre société depuis la crise sanitaire.
Plus que jamais, les citoyens ont accès au numérique et utilisent des services digitaux. Cela ne se traduit toutefois pas par une augmentation des compétences numériques. En outre, les personnes vulnérables sur le plan socio-economiques et culturel bénéficient moins de la numérisation croissante que les personnes privilégiées. De nombreuses personnes, en particulier les plus vulnérables, rencontrent des difficultés à prendre ce train digital en marche.
La position des personnes les plus vulnérables dans une société de plus en plus numérisée est préoccupante et appelle des solutions
L'alphabétisation concerne un Belge sur 10
Prendre un rendez-vous médical, payer ses factures, renouveler son abonnement de transport, remplir sa feuille d’impôt…Comme ces usages sont largement liés à une maîtrise de l’écrit, les personnes peu scolarisées ou en difficulté de lecture et d’écriture sont, au premier plan, concernées par les transformations numériques et les inégalités sociales qu’elles induisent. Comment prendre rendez-vous via internet avec ces services si on ne sait ni lire ni écrire et qu’on ne sait pas formuler un mail ? Comment remplir un formulaire et prouver qu’on n’est pas des « robots» face à un pop-up qui nous demande d’associer une image à un mot qu’il nous est impossible de déchiffrer?
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