SOCIETE

Que signifie la mort d’Elizabeth II pour le renseignement britannique

La Reine Elizabeth II avait pour passion les chevaux et l'équitation, qu’elle pratiquera quasiment jusqu’à la fin de sa vie. Mais son rapport au sport ne s'arrêtait pas là. Le grand « souvenir sportif » du règne d'Elizabeth II, ce sont bien sûr les Jeux Olympiques de Londres, il y a 10 ans, en 2012, où elle a laissé un souvenir mémorable. Escortée par James Bond, alias Daniel Craig, elle fera une entrée fracassante et « so british » au stade olympique pour la cérémonie d’ouverture. Ancien agent de la DGSE Claude Moniquet est aussi un historien du renseignement. Il s’intéresse de près depuis longtemps aux services de sécurité britanniques mais aussi à la personnalité de Charles III.  Avec lui, nous faisons le point sur ce que signifie la mort d’Elizabeth pour le renseignement et la sécurité, mais également sur ce que l’on peut attendre du règne du nouveau roi. Entretien.

 L-Post : En termes de sécurité et de renseignement, la mort d’Elizabeth II et l’accession au trône de Charles III  changera-t-il quelque chose ?

Claude Moniquet : Non, cela ne changera rien et pour plusieurs raisons. D’abord, monarque constitutionnel, le roi d’Angleterre règne mais ne gouverne pas. Son action directe sur les affaires est donc inexistante. Ensuite, la communauté britannique du renseignement est ancienne, très structurée et héritière de très longues traditions, même s’il y a eu des ruptures et des périodes de grande faiblesse dans son histoire.

L-Post : De quand date le renseignement britannique ?

Ce sont les Anglais, à l’époque d’Elisabeth Ière qui ont « inventé » le renseignement, au XVIème siècle, quand il s’agissait de protéger le royaume et la Réforme contre les puissances catholiques qu’étaient l’Espagne et la France. Quand on étudie l’histoire du renseignement on est étonné, en revanche, par la modernité des méthodes utilisées à l’époque par Francis Walsingham, le maître espion d’Elisabeth : entrainement des agents, officiers traitants, infiltration, déstabilisation, intoxication, on peut presque dire que Walsingham et ses hommes ont quasiment tout inventé de ce qui se fait aujourd’hui.
Depuis, l’excellence du renseignement britannique ne s’est jamais démentie. Nous en avons un exemple particulièrement criant à la fin de l’hiver dernier : Londres, avec Washington, a été la seule capitale à annoncer que la Russie allait envahir l’Ukraine. Et, depuis le 24 février dernier les points de situation quotidien du renseignement de Londres sur la guerre sont d’une précision extrême…

Copyright : Le roi Charles III au MI6 le 21 octobre 2021 dernier – Image d’archives

Vous voulez lire la suite de cet article ?

Cet article premium
est réservé à nos abonnés.

Vous êtes déjà abonné ?
Connectez-vous

Pas encore abonné ?
Abonnez-vous
à L Post pour promouvoir la pluralité de la presse. L-Post n’est financé par aucun grand groupe et dépend uniquement des lecteurs. Informer avec rigueur et indépendance a un coût.

Soutenez L Post et le journalisme indépendant : BE85 0689 4115 0106



Breaking News