SOCIETE

Agences de Paris : Philippe Close boycotte-t-il le secteur privé sur sa commune?


En l’absence de renouvèlement de sa licence, Taskin Kokten, gérant d’une agence de paris sportifs, à Laeken, a été contraint de fermer boutique, son autorisation expirant le 4 septembre dernier. Et pourtant, ce n’est pas faute d’avoir anticipé sa demande de renouvellement qui doit se faire six mois avant l’échéance du terme. Pour continuer à pouvoir exercer son activité, il doit recevoir un avis positif de la commune et signer une nouvelle convention. Et c’est là que cela coince du côté de la Ville de Bruxelles. « Malgré diverses sollicitations, c’est le silence radio du côté du bourgmestre qui doit approuver le renouvèlement », nous explique Taksin Korten, désemparé. « Je ne comprends pas pourquoi je n’ai aucune réponse. L’établissement est là depuis 11 ans et je remplis toutes les conditions ». Ce qui devait être une simple procédure se transforme en vaudeville, dans une attente interminable, et questionne. Entretemps, six personnes sont en arrêt de travail forcé. Pourquoi entraver la liberté d’entreprendre ?

Depuis avril 2022, Taskin Kokten a repris l’agence de paris sportifs Ladbrokes située boulevard Emile Bockstael à Laeken. Pour maintenir une telle activité, la licence doit être renouvelée tous les trois ans. Un avis positif du bourgmestre est requis. Sans réponse dans les deux mois, la demande adressée par recommandé au bourgmestre suffit et est considéré comme avis positif pour la Commission des Jeux et Paris (CJH). Mais, là où le dossier, déposé en personne par l’intéressé, se trouve actuellement dans une impasse, c’est qu’une convention doit être signée entre la commune et la société de jeux et paris, Ladbrokes.

Six employés à l’arrêt

L’absence du précieux aval communal a des répercussions dramatiques pour les six salariés de l’agence de paris sportifs. « Sans ma licence renouvelée,  je n’ai pas pris le risque de rester ouvert. J’ai donc mis mettre mes travailleurs à l’arrêt »,  se désole Taskin Kokten. Or, dans le secteur des jeux de hasard,  Le chômage technique, appelé aussi chômage partiel, n’existe pas.
Refusant de licencier son personnel, le gérant l’a mis en congé forcé car il ne désespère pas d’obtenir le renouvellement de la licence. « J’ai engagé des personnes qui ont besoin de travailler et pour lesquelles je me sens responsable. Mon agence draine aussi plus de 200 clients par semaine. C’est aussi un manque à gagner sur le territoire de la commune ».

Une liberté d’entreprendre entravée

Interrogé par nos soins, Tom Stammeleer, directeur commercial de Ladbrokes partage le même étonnement. « On ne veut pas aller au clash, mais on ne comprend pas une fin de non-recevoir, pire un silence, sans argumentation de la part des autorités communales. Pourquoi tergiverser ? L’équation est simple : si c’est non, vous motivez, si c’est oui, la convention doit alors être signée ». Et de poursuivre, « mettre des bâtons dans les roues aux opérateurs privés, cela va entraîner un mouvement de foule vers les jeux illégaux dans des lieux clandestins, sur le net ou dans les librairies où l’on sait que le profil des joueurs n’est pas contrôlé à l’identique. Nous l’évoquons à suffisance depuis plusieurs mois ».

Si la commune ne démontre pas l’existence de désordres graves dus à l’établissement en question, notamment en termes de sécurité et de tranquillité publique, la liberté d’entreprendre est à l’évidence entravée par la Ville de Bruxelles dans ce dossier puisque l’exercice des activités de Taskin Kokten est rendu impraticable sans motifs légitimes. L’exploitation de jeux et paris est une activité régulée, mais pas interdite. Aucun procès-verbal pour une quelconque « faute » n’a par ailleurs jamais été dressé à l’encontre du gérant.

Silence total du côté de Philippe Close

La situation est tellement surprenant que Taskin Kokten se demande si elle n’est pas volontaire. Du côté du bourgmestre Philippe Close (PS), que nous avons personnellement sollicité, il nous a été répondu que « les dossiers sont à l’analyse ». Une réponse pour le moins sibylline alors qu’un commerçant est aux abois. « On ne fait rien d’illégal, on paye nos taxes. Le bourgmestre se trompe de cible », insiste Taskin Kokten.
Philippe Close souhaite-t-il faire la chasse aux opérateurs privés de jeux de hasard sur le territoire de sa commune  au profit de l’opérateur public ? La question mérite d’être posée alors que deux nouvelles librairies proposant les produits de la Loterie nationale viennent d’ouvrir rue Marie-Christine, nous précise Taskin Kokten qui espère que la situation se régularise rapidement afin de pouvoir se remettre au travail avec ses équipes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




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