EDITO

Quel avenir pour le rail belge ?


Ce mercredi 5 octobre, les cheminots du groupe SNCB (le transporteur SNCB et le gestionnaire d’infrastructure, Infrabel) se croiseront les bras suivant ainsi une grève de 24 heures décrétée par le front commun syndical (CGSP-Cheminots, SLFP-Cheminots et CSC-Transcom). L’action a commencé la veille à 22 heures et se terminera à la même heure aujourd’hui. Ça fait longtemps que le front commun syndical ne s’est plus mobilisé autour d’un objectif : défendre le rail belge en réclamant des moyens, tant financiers qu’humains, pour lui permettre d’offrir de qualité aux navetteurs.

Pour éviter une mauvaise compréhension de leur mouvement de la part de la population et des usagers de la SNCB, les cheminots ont distribué un tract à ces derniers pour les sensibiliser à leur cause : entre janvier et juin 2022, 22.000 trains ont dû être supprimés par manque de personnel, soit déjà plus que pour toute l’année 2019. 1.500 emplois ont été supprimés dans les chemins de fer belges depuis 2020. Les postes vacants n’arrivent pas à être comblés. Pire encore, un nombre important de nouveaux cheminots quittent leur emploi par manque d’équilibre entre leur travail et leur vie privée, à cause notamment de la dégradation des conditions de travail.

A quoi ça sert de fixer des objectifs ambitieux à un acteur important de la mobilité, partenaire de la lutte contre le réchauffement climatique, si on ne lui donne pas les moyens nécessaires pour relever ces défis ?

Quel triste constat pour le rail belge sur lequel les autorités fédérales fondent beaucoup d’espoir pour contribuer à réduire le nombre de voitures et de camions sur la route ? A quoi ça sert de fixer des objectifs ambitieux à un acteur important de la mobilité, partenaire de la lutte contre le réchauffement climatique, si on ne lui donne pas les moyens nécessaires pour relever ces défis ? Au-delà du mécontentement des cheminots, c’est l’avenir du rail belge qui est en jeu. Certes, vu la situation économique actuelle, les cheminots ne pourront pas obtenir satisfaction sur toute la ligne concernant leurs revendications, mais le Gouvernement fédéral doit poser des gestes forts en accordant au rail belge des budgets supplémentaires. Sans des moyens supplémentaires, l’équation que les autorités demandent au groupe SNCB de résoudre est insoluble. Sans compter les risques d’accidents qui augmentent avec la pénurie de personnel et la surcharge de travail pour des agents qui n’arrivent plus à prendre des jours de congés.

Il est temps que les dirigeants du groupe ferroviaire s’accordent avec les syndicats pour signer un vrai partenariat et garantir une paix sociale sur le rail belge.

Par ailleurs, il serait aussi utile d’ouvrir un vrai dialogue avec les syndicats, marqué par une écoute attentive des revendications des cheminots. Ils sont plus à même de proposer une grande partie des solutions susceptibles d’améliorer le sort du rail belge et de remplir un vrai réel d’acteur indispensable de la mobilité durable. On ne reviendra pas sur la scission du groupe SNCB en trois entités en 2005, augmentant les charges du groupe SNCB sans que l’efficacité de cette dissociation soit prouvée. Est-ce vraiment une utopie de revenir à une SNCB unitaire garantissant une vision et des objectifs communs ? La question mérite d’être posée.

La question d’un accord social au sein des chemins de fer se pose aussi avec acuité. Il est temps que les dirigeants du groupe ferroviaire s’accordent avec les syndicats pour signer un vrai partenariat et garantir une paix sociale sur le rail belge.




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