SOCIETE

LGBTQI+ : des maisons de retraite « gay friendly »


Quelle est la situation de la communauté LGBT vieillissante en Europe ? La question de l’accueil en maison de retraite est un enjeu de société. Les seniors LGBT, comme dans la société active, souffrent encore de stigmatisations. L’âge avançant, leur prise en charge fait face à plusieurs défis, tels qu’une homophobie résistante, la sérophobie pour certains, porteurs du VIH, et l’isolement social en dommage collatéral. Pour assurer les vieux jours de la communauté LGBT, des projets fleurissent à travers le monde, en ce qui concerne l’accueil en établissement et les services à la personne afin de vieillir mieux et de s’épanouir dans cette nouvelle phase de vie. Pour la première fois en France, une maison de retraite dédiée aux personnes de la communauté LGBT va ouvrir ses portes. Des initiatives similaires existent déjà notamment en Espagne, aux États-Unis, en Australie et au Canada. Une maison de retraite LGBT ouvrira ses portes, à Lyon, d’ici 2024.

Contrer l’isolement social

Le projet, voté de façon unanime par le conseil municipal de  Lyon, le 20 septembre dernier, est la première initiative française du genre; elle vise à favoriser la tolérance et la bienveillance dans notre société. Cette première maison de retraite LGBT se nommera la « maison de la diversité », un hébergement à l’attention des seniors qui se sentent en difficulté en raison de leur orientation sexuelle.
Construite par la Croix-Rouge, cette future maison est née à l’initiative d’une idée lancée et portée par Les audacieuses et les audacieux. Il s’agit d’une association  fondée en 2017, qui se donne pour but de « créer les conditions et les dispositifs pour aider les seniors sans soutien familial à mieux vieillir » et de « sensibiliser aux luttes contre les discriminations ».

En avril 2021, c’est au Royaume-Uni, que pour la première fois une maison de retraite accessible à  la communauté LGBT a ouvert ses portes grâce au soutien de la ville de Londres. Situés dans le quartier de Vauxhall au sud de la Tamise, Tonic Housing propose 19 logements accueillent des retraités de la communauté LGBT.

Des soins adaptés

Outre la discrimination, la minorité LGBT présente des problèmes de santé à la fois similaires, mais aussi différents du reste du public de maison de retraite. Plusieurs études américaines et canadiennes attestent qu’il s’agit d’un public avec des comorbidités supérieures, plus de diabète, plus de troubles cognitifs, plus de mécanismes d’addiction, d’anxiété et de dépression.
Sans compter sur la partie de cette population atteinte de VIH et les traitements aux hormones chez les personnes transsexuelles. Pour être plus sensible aux besoins des personnes âgées LGBT et faciliter leur accès aux soins, le personnel soignant doit être formé pour mieux comprendre les pathologies spécifiques de cette population et éviter de formuler des hypothèses fondées sur des étiquettes et des stéréotypes.

 Et en Belgique ?

Notre pays joue la carte de l’inclusion. La maison de repos est un reflet de la société dont les personnes LGBT font désormais partie. Pas d’institutions spécifiques donc, mais un vivre ensemble quelque soit l’orientation sexuelle.

En mai 2022, l’association Rainbow Ambassadors a présenté un Manifeste pour les seniors LGBTQI+. Le texte demande aux pouvoirs régionaux et fédéraux d’adapter les cadres législatifs existants pour assurer le bien-être physique et mental des seniors LGBT.
Au niveau des institutions d’accueil et de soin, c’est une clause anti-discrimination dans la prise en charge spécifique à ce groupe-cible qui est requise. Le manifeste engage les lieux de vie signataires à déployer des formations spécifiques pour leur personnel et à définir une personne de référence sur le sujet, qui pourra être sollicitée par les résidents et patients LGBT.

 




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