Mosquée à Watermael-Boitsfort : des riverains contestent la demande de permis d’urbanisme

Une future mosquée, situé Dries 101 à Watermael-Boitsfort, suscite la crispation de certains riverains. L’enquête publique sur ce projet de transformer un vieux garage en un lieu de prière s’est clôturée le 3 octobre dernier. Depuis, certains habitants du quartier ont décidé de se mobiliser pour faire entendre leur voix à la commune. Ils disent avoir des craintes, notamment, quant aux difficultés de stationnement et aux nuisances que le passage important pourrait engendrer. L’endroit aura en effet la capacité d’accueillir de concert entre 50 et 100 personnes. D’autres voisins soulèvent aussi des questions d’ordre urbanistique importantes. Réunis en comité de quartier, nous avons pris connaissance de leurs griefs envoyés, via leur conseil, à la commune et relatifs à la demande de permis introduite par l’Asbl CECP, l’association qui porte le projet de mosquée.
La demande introduite par l’Asbl CECP annonce « un projet mixte culturel et cultuel de proximité, essentiellement dédié à la vie du quartier et qui s’adresse directement aux besoins des riverains. Le projet accueille en son sein deux salles de prière. Il accueille également deux salles polyvalentes dans lesquelles sont dispensés des cours et des conférences (…) Il propose également une école des devoirs (…) ».
Les griefs portent sur plusieurs éléments en vertu des dispositions du Plan Régional d’Affectation du Sol de la Région de Bruxelles-Capitale (PRAS), dont celles relatives aux mesures de publicité particulières en matière de travaux et celles qui concernent les équipements d’intérêt collectif.
Le mauvais déroulement de l’enquête publique
Les riverains estiment que l’affichage n’a pas été effectué conformément aux dispositions applicables dans la mesure où aucun affichage rouge n’a été apposé sur le bien concerné. De plus, les affiches étaient exclusivement en néerlandais, alors que la demande est déposée en français et que la région est bilingue.
Enfin, le comité de quartier rapporte que dès le premier jour d’affichage, le support a été sciemment arraché. Les voisins ont ainsi incidemment été avisé du projet par l’un d’entre eux qui avait par hasard lu l’affiche peu avant sa disparition.
La nécessité d’une autorisation environnementale
Le projet annonce qu’il porte sur une activité culturelle et cultuelle. Or, l’indication d’une telle activité sur le site qualifie le projet de salle de spectacle au sens large. Le projet doit donc faire l’objet d’une autorisation environnementale de classe 2. Il s’assimile donc à un espace dont la superficie dépasse 200m², ce qui est le cas en l’espèce, puisque l’établissement se déploie sur 359m².
La situation n’est pas non plus examinée en termes de bruit et de nuisances diverses, puisque la note qui accompagne la demande de permis signale que le lieu de prière sera ouvert 7/7 jours sans en préciser les heures. Or, la prière de l’aube peut débuter tôt et la prière du soir peut démarrer tard.
Un changement d’affection contesté
Le bien est en zone d’habitat à prédominance résidentielle. Ces zones sont limitées à une superficie de 250m2. Or, le projet fait 359m2. Il n’est donc pas compatible avec la destination de la zone et les caractéristiques du cadre urbain environnant. Quant à la destination des lieux, la situation n’est pas examinée en termes de mobilité dans une rue à sens unique, au croisement de deux rues déjà surchargée de trafic, avec très peu de places de parking disponibles. Cela pourrait aboutir à des blocages de circulation pour les voitures, mais aussi pour les transports en commun, dont le bus 41 dont le parcours passe par là.
La typologie du projet n’est pas non plus adéquate au regard des biens qui se trouvent autour du projet. La compatibilité architecturale de la façade, entièrement vitrée, fait également défaut. Quant à l’argument avancé d’une maison des devoirs, une maison des devoir est déjà installée au numéro 38 de la rue Dries. La réponse sociétale est donc déjà apportée aux riverains.
Au regard de l’ensemble de ces considérations, les habitants du quartier propriétaires craignent aussi, en dommage collatéral, une dépréciation de la valeur de leur bien.
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