Sept ans après le drame, Nice rend hommage aux victimes de l’attentat du 14 juillet 2016

Journaliste – Rédacteur en chef.
Moment de recueillement devant l'Ange de la baie. Photo E.F.B Une cérémonie, en toute intimité, a été organisée ce vendredi matin, 14 juillet, à 9h30, devant l’Ange de la baie en mémoire des 86 victimes fauchées par le chauffeur fou le 14 juillet 2016. Pour la première fois, il s’agit d’une cérémonie courte, sans présence de ministre. Les 86 noms des victimes gravées dans la sculpture en métal (inaugurée le 14 juillet 2022) ont été énumérés en toute solennité. Ce vendredi, en fin d’après-midi, un défilé est prévu en présence des familles des victimes. Toutes les rues donnant à la promenade des Anglais où s’est déroulé le drame ont été bloquées par des blocs en bétons. Pour l’heure, la nouvelle procédure judiciaire en cours sur le dispositif de sécurité mis en place, il y a 7 ans, se poursuit et les associations locales attendent l’issue de la procédure avec impatience et une certaine inquiétude.
Si beaucoup de Français, ce 14 juillet est un jour de fête nationale à célébrer avec fastes, pour les Niçois et les Niçoises, c’est un jour de commémoration et de recueillement. Une cérémonie solennelle, mais en toute intimité, a été organisée ce vendredi matin aux alentours de 9h30 devant l’Ange de la baie pour rendre hommage aux 86 victimes fauchées par le chauffeur fou le 14 juillet 2016. Sept ans après le drame, les autorités municipales et les associations de victime avaient convenu qu’il n’y aurait pas de prise de parole, rendant encore plus de solennité à la cérémonie devant la sculpture en métal. L’œuvre mémorielle est installée sur la promenade des Anglais, à l’endroit même où le camion de 19 tonnes, conduite par le Tunisien trentenaire, Mohamed Lahouaiej Bouhlel avait terminé sa course folle le 14 juillet 2016. Pour la première fois, il s’agit d’une cérémonie courte, sans présence de ministre.
Difficile d’oublier l’attentat d’il y a 7 ans
Ce soir-là, il y a 7 ans, quelque 30.000 personnes s’étaient rassemblées sur le bord de mer pour flâner et admirer le feu d’artifice de la fête nationale. Le chauffeur fou avait été abattu par les forces de l’ordre, mais il a eu le temps de briser 86 vies et de faire plus de 400 blessés. Sept ans après le drame, il n’y avait pas grand monde sur la promenade des Anglais ce vendredi après-midi, comme si la peur n’a pas totalement disparu. Des vacanciers et des locaux prennent le soleil sur la plage, mais l’attentat du 14 juillet 2016 est dans toutes les mémoires. « Difficile d’oublier ce drame qui, en plus, s’est déroulé un jour symbolique », commente un Niçois, venu profiter du soleil sur la baie en face de l’hôtel mythique « Negresco ».
Les emplacements réservés aux familles des victimes pour le défilé. Photo E.F.B
A Nice, le feu d’artifice a été organisé la veille, jeudi 13 juillet. Ce vendredi 14 juillet, lors de la cérémonie d’hommage du matin, les noms des 86 victimes ont été égrenés, les quatre associations niçoises de victimes ont ensuite déposé une gerbe de fleurs commune, suivies par les autorités locales et nationales, avant que la Marseillaise ne retentisse. Dans l’après-midi, un défilé est prévu en fin de journée en présence des autorités et des familles des victimes. Dans l’après-midi, toutes les voies donnant accès à la promenade des Anglais sont bloquées par des blocs en béton. Les pistes cyclables sont rendues impraticables par les autorités.
Une enquête sur d’éventuels dysfonctionnements
Après la cérémonie, des associations locales ont exprimé une « réelle inquiétude » sur la suite de l’instruction judiciaire en cours relative au dispositif de sécurité mis en place le soir du 14 juillet 2016. Elles veulent comprendre ce qu’il s’est passé et s’il y a eu des dysfonctionnements dans le dispositif. « On veut comprendre et pour nous comprendre, c’est avoir la vérité. Nous avons des interrogations sur d’éventuels dysfonctionnements », a confié Anne Murris, présidente de l’association « Mémorial des anges » et maman de Camille, une des 86 victimes de l’attentat.

Pour Stéphane Erbs, coprésident de l’association « Promenade des anges », blessé par le chauffeur fou dont l’acte a causé la mort de sa femme, Rachel, l’objectif n’est pas la vengeance, ni d’avoir des têtes qui tombent. Les associations veulent identifier les défaillances, les corriger pour garantir une sécurisation des grands évènements à l’avenir.
Pour rappel, le procès des complices de l’auteur de l’attentat s’est terminé en décembre 2022 par la condamnation de huit personnes qui écopé de peines de 2 à 18 ans d’emprisonnement.
La procédure en cours a été ouverte depuis 2017 à Nice, elle concerne une infraction de « mise en danger d’autrui par violation manifestement délibérée des obligations de sécurité ».
