La SNCB a transporté 245 millions de voyageurs en 2024, mais loin du record d’avant-Covid

Le transporteur ferroviaire belge a accueilli 245,1 millions de voyageurs à bord de ses trains en 2024 en légère hausse par rapport à 2023 (244,7 millions de voyageurs). Il s’agit d’une troisième année consécutive d’augmentation du trafic pour la SNCB, mais elle est encore loin des 253 millions de voyageurs de 2019. Sur le plan financier, l’entreprise ferroviaire a clôturé 2024 avec un résultat opérationnel (Ebitda récurrent) positif de près de 132 millions d’euros, en baisse de 7,5% par rapport à 2023 (142,2 millions d’euros). Elle a réduit sa dette de 82 millions d’euros en 2024. L’effectif des cheminots a augmenté de 89 agents au 1er janvier 2025 (16.953 agents). La consommation d’énergie pour la traction a également diminué de 3 % et les premières initiatives en matière de reporting ESG ont été lancées. L’année 2025 démarre avec des tensions caractérisées par de nombreux jours de grève…
En 2024, la SNCB a transporté 245,1 millions de voyageurs, comparé à 244,7 millions en 2023. Cette légère hausse d’environ 0,2% illustre une tendance favorable pour la troisième année consécutive. Mais la dynamique ralentit par rapport à 2023 (+7,6 % par rapport à 2022), et reste freinée par les impacts persistants du télétravail sur les déplacements quotidiens selon la SNCB.
Cette légère hausse d’environ 0,2% illustre une tendance favorable pour la troisième année consécutive. Mais la dynamique ralentit par rapport à 2023.
Selon Statbel, 33 % des salariés belges ont travaillé parfois ou habituellement à domicile en 2024. Cette proportion atteint près de 50 % dans le secteur public, et 28 % dans le secteur privé. Bien que le télétravail ne soit plus à son pic pendant la pandémie du Covid-19, il s’est installé comme une norme structurelle qui continue de modifier profondément les comportements de déplacement des citoyens. La SNCB constate ainsi que le nombre de navetteurs n’a toujours pas retrouvé son niveau pré-Covid avec 253 millions de voyageurs transportés en 2019.
Des abonnements flexibles de plus en plus utilisés
Pour s’adapter à ces nouvelles pratiques de travail, la SNCB a conçu des formules sur mesure telles que le flex abonnement et l’abonnement mi-temps, introduites en 2023. Ces formules sont adaptées aux employés qui travaillent en mode hybride et qui vont au bureau deux ou trois jours par semaine. En 2024, elles constituent plus d’un quart des abonnements pour le trajet domicile-travail, témoignant de leur popularité grandissante.
Forte hausse des recettes et baisse des coûts énergétiques
Du côté des revenus, la vente de billets a enregistré une augmentation de 13,2% par rapport à 2023. Cette reprise est due à une hausse des voyages de loisirs et à une augmentation de la vente des tickets individuels au détriment de l’abonnement ou de la carte de 10 trajets.
En parallèle, la SNCB a profité d’une hausse notable des revenus annexes : services d’entretien pour des tiers, concessions commerciales dans les gares et trafic international. Le renforcement de l’offre IC vers les Pays-Bas et le lancement du train classique OUIGO vers Paris y ont largement contribué.
Grâce à des mesures spécifiques telles que l’installation de compteurs embarqués, l’achat d’équipements économes et la formation à l’éco-conduite, la SNCB a réussi à réduire la consommation d’énergie de traction de 3 % en un an.
L’Ebitda récurrent (bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement) s’élève à 131,6 millions d’euros, grâce à d’excellentes performances commerciales et une diminution significative des coûts énergétiques. Grâce à des mesures spécifiques telles que l’installation de compteurs embarqués, l’achat d’équipements économes et la formation à l’éco-conduite, la SNCB a réussi à réduire la consommation d’énergie de traction de 3 % en un an.
Premiers engagements concrets en matière de durabilité
Sur le plan environnemental, l’entreprise a lancé en 2024 un premier exercice de reporting ESG (environnement, social, gouvernance), en amont des futures obligations réglementaires. Les émissions directes de gaz à effet de serre (scope 1) sont passées de 54.578 tonnes en 2023 à 52.062 tonnes de CO₂ en 2024. En matière de chaîne d’approvisionnement, 300 fournisseurs, représentant 69 % des dépenses, ont fait l’objet d’une évaluation de durabilité.
870 millions d’investissements en 2024
Pour soutenir ses objectifs à l’horizon 2032 (+30 % de voyageurs, +10 % de trains, flotte renouvelée à 50 %), la SNCB a investi plus de 870 millions d’euros en 2024. Plus de 453 millions ont été consacrés au matériel roulant, dont 160 nouvelles voitures M7 et l’extension du système de sécurité ETCS, désormais installé sur 95 % des trains.
Les infrastructures d’accueil ont mobilisé 209 millions d’euros, avec 13 nouvelles gares accessibles et des chantiers majeurs à Mons, Malines, Hasselt ou Gand-Saint-Pierre. Le nombre de places vélos en gare a dépassé les 127.000 (+1.000 en un an), renforçant l’intermodalité.
Pour soutenir ses objectifs à l’horizon 2032 (+30 % de voyageurs, +10 % de trains, flotte renouvelée à 50 %), la SNCB a investi plus de 870 millions d’euros en 2024.
A cela s’ajoutent 123 millions d’euros investis dans la digitalisation (achat de tickets De Lijn via l’app, affichage de la composition des trains) et 75 millions dans la modernisation des ateliers.
Un début d’année sous tension
Malgré ces résultats encourageants, l’entreprise est confrontée à un climat social tendu en ce début d’année 2025. Un préavis de grève de 7 jours a été déposé par le syndicat Metisp-Protect en mars, et cinq syndicats ont annoncé un front commun pour intensifier les actions.
Sur le plan industriel, la commande passée au constructeur espagnol CAF, d’un montant de 1,7 milliard d’euros, a fait polémique, notamment pour son impact sur l’industrie ferroviaire belge. On peut noter également qu’en janvier, le chantier de la gare de Mons, épinglé pour son coût et ses irrégularités présumées, fait l’objet d’une procédure en justice.
Un bilan solide, mais des défis persistants
La SNCB a recruté plus de 1.300 collaborateurs en 2024, principalement pour des fonctions opérationnelles comme conducteur ou accompagnateur de train. L’effectif a augmenté en net de 89 cheminots au 1er janvier 2025 (16.953 collaborateurs) par rapport au 1er janvier 2024 (16.864 agents).
Un renfort indispensable dans un cadre de relance graduelle du flux de trafic et d’exigence accrue au niveau de la qualité du service. On verra si la société pourra conserver cette impulsion tout en calmant les conflits sociaux, en justifiant ses décisions industrielles et en consolidant la confiance du public, une équation qui semble difficile à gérer en 2025.
Méderic Guisse (st)