Edito. SNCB : que fait le ministre de tutelle, Jean-Luc Crucke, face à la détresse des cheminots ?

Journaliste – Rédacteur en chef.
BELGA Il y a quelques jours, la Cour d’appel de Bruxelles (chambre francophone) rendait arrêt d’une grande importance, non seulement pour l’ancien conducteur de train, Pierre Besure, mais aussi pour les cheminots.
En effet, même si certains éléments de la décision ne concernent que le cas spécifique de la partie civile, ils peuvent être étendus à la situation des cheminots si on les lit à la lumière de leurs conditions de travail qui sont dénoncées tous azimuts : succession des suicides, burn-out, détresse psychologique, épuisement, etc. « Les faits infractionnels commis par la prévenue SNCB sont graves et révèlent le peu de cas que la prévenue, employeur public, fait de l’intégrité psychologique de la partie civile et de sa dignité », observe la Cour d’appel de Bruxelles. Elle a également utilisé les mêmes termes pour sanctionner HR Rail, l’employeur juridique des cheminots.
Les faits infractionnels commis par la prévenue SNCB sont graves et révèlent le peu de cas que la prévenue, employeur public, fait de l’intégrité psychologique de la partie civile et de sa dignité.
En posant un tel constat, après avoir analysé les éléments du dossier de l’ancien conducteur de train, Pierre Besure, mis à la pension forcée, pour avoir dénoncé les tests de néerlandais bidons réalisés à la SNCB, la justice confirme, en écho, les résultats de « Be well », l’enquête indépendante sur le bien-être des cheminots réalisée par Idewe.
Elle a livré des résultats catastrophiques pour le management de la direction : charge psychosociale accrue, manque de considération, risques de burn-out, cheminots épuisés, stress à tous les étages, etc. La moitié des cheminots de la SNCB redoutent une détérioration de leurs conditions de travail et 40% d’entre eux avouent que leur travail a des interférences sur leur vie privée.
Une autre enquête réalisée auprès des agents de sécurité de Securail avait aussi livré des résultats similaires.
Que faut-il donc de plus pour que le ministre de tutelle, Jean-Luc Crucke (Les Engagés), prennent le dossier à bras le corps et interpelle les dirigeants de la SNCB ?
Que faut-il donc de plus pour que le ministre de tutelle, Jean-Luc Crucke (Les Engagés), prennent le dossier à bras le corps et interpelle les dirigeants de la SNCB ? Quand on sait que l’activité de l’entreprise ferroviaire est le transport des navetteurs et que celui-ci doit se faire en toute sécurité, n’est-il pas temps pour les députés, tant de la majorité que ceux de l’opposition, d’œuvrer de concert pour demander des comptes aux dirigeants ?
Surtout que visiblement, les faits dénoncés par l’ancien conducteur de train, Pierre Besure, à savoir les tests de néerlandais bidons seraient toujours d’actualité. C’est à se demander si les instances de l’entreprise ferroviaire ont tiré les leçons de l’accident de Pécrot, survenu le 27 mars 2001, en raison notamment d’un problème linguistique.
Au-delà des questions autour de la libéralisation du rail qui suscite des interrogations justifiées, il serait aussi judicieux et important de se soucier aussi du bien-être des cheminots et de leurs conditions de travail.
Et comme si cela ne suffisait pas, après avoir été condamnée en justice, tant en première instance qu’en appel, se tâte encore pour savoir si elle doit introduire un pourvoi en cassation afin de réformer l’arrêt de la Cour d’appel de Bruxelles, malgré la sévérité de la décision. Après avoir laissé entendre qu’elle allait arrêter les frais et consentir à l’arrêt, HR Rail, l’employeur juridique des cheminots, a fait marche arrière, précisant qu’il nous avait livré une réponse erronée…
Au-delà des questions autour de la libéralisation du rail qui suscite des interrogations justifiées, il serait aussi judicieux et important de se soucier aussi du bien-être des cheminots et de leurs conditions de travail.
