GRAVES ACCUSATIONS CONTRE LA MINISTRE-PRESIDENTE DEGRYSE

Accusée de harcèlement moral par d’anciennes collaboratrices, la ministre-présidente, Elisabeth Degryse, riposte

LPost / Philippe BOURGUET

Dans une longue enquête publiée samedi 21 février 2026, le quotidien « Le Soir » livre les témoignages d’anciennes conseillères du cabinet de la ministre-présidente du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Il est question de lourdes accusations de violences verbales et matérielles. Une action a d’ailleurs été initiée devant le tribunal du travail francophone de Bruxelles pour « manquement aux règles de prévention et de protection des travailleurs », « harcèlement et mesures de représailles », « rupture abusive », « atteinte à l’honneur et à la réputation ». Elisabeth Degryse (Les Engagés) dénonce une campagne médiatique menée par une ancienne cheffe de cabinet adjointe qu’elle a licenciée en septembre 2025 pour rupture de confiance.

Les accusations sont graves et peuvent sérieusement l’image d’une responsable politique qui a toujours tenté d’être irréprochable dans son action et dans son travail. Et quand elle est lancée par d’anciennes proches collaboratrices, elle peut faire mal. Ce samedi matin, nos confrères du « Soir » ont publié une longue enquête compilant les témoignages d’anciennes conseillères de la cellule « culture » du cabinet d’Elisabeth Degryse (Les Engagés), ministre-présidente du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Reste à voir ce que feront l’opposition ou des députés de la majorité avec les révélations sur le fonctionnement du cabinet Degryse…

Témoignages durs

Les témoignages à charge visent tant Elisabeth Degryse que sa cheffe de cabinet. « J’ai vue des gens se faire hurler dessus, j’ai entendu ma cheffe se faire hurler dessus. J’ai vu des gens qui se criaient mutuellement dessus, se lancer des trucs ». (…). J’ai entendu Elisabeth (Degryse, ndlr), dans le bureau d’à côté, hurler sur une de mes collègues, c’était extrêmement violent, parce que même si on n’est pas la personne qui se fait hurler dessus, on compatit ».

J’ai entendu Elisabeth (Degryse, ndlr), dans le bureau d’à côté, hurler sur une de mes collègues, c’était extrêmement violent.

La cheffe de cabinet serait en manque de sommeil, ce qui aurait un impact sur la qualité des instructions données : elles seraient contradictoires.

Il est reproché à Elisabeth Degryse sa méconnaissance de la matière dont elle a la responsabilité : la culture. « Il n’est pas normal qu’une ministre signe des choses sans être consciente de ce qu’elle signe. En termes de sécurité et d’utilisation d’argent public, c’est aberrant, c’est une catastrophe. Et, évidemment, elle n’assume pas par la suite ce qu’elle a signé et se retourne sur ses conseillères ».

Il n’est pas normal qu’une ministre signe des choses sans être consciente de ce qu’elle signe. En termes de sécurité et d’utilisation d’argent public, c’est aberrant.

Une des conseillères a initié une procédure devant le tribunal du travail francophone de Bruxelles, crédibilisant ainsi les témoignages. La requête contradictoire a été initiée en septembre 2025 et porte sur de graves accusations : « manquement aux règles de prévention et de protection des travailleurs », « harcèlement et mesures de représailles », « rupture abusive », « atteinte à l’honneur et à la réputation ».

Une enquête psychosociale du Cesi

Le dossier devrait être plaidé à l’automne 2026. D’après nos confrères du « Soir », le cabinet Degryse a fait l’objet d’un une enquête psychosociale en ce début d’année 2026, suite à une demande d’intervention psychosociale formelle déposée auprès du Cesi, le service externe pour la prévention et la protection au travail. Reste à voir les conclusions qui sortiront de cette investigation.

Je peux confirmer que le travail politique est un travail exigeant, et il est exact que les collaborateurs des cabinets politiques sont soumis à des charges de travail significatives.

En attendant, la ministre-présidente a réagi, samedi, dans la foulée de la publication de l’article du quotidien vespéral. Elle dénonce une campagne médiatique qui vient salir le bon travail d’une équipe. « Je peux confirmer que le travail politique est un travail exigeant, et il est exact que les collaborateurs des cabinets politiques sont soumis à des charges de travail significatives. Je leur exprime toute ma reconnaissance pour le travail incroyable accompli au bénéfice des citoyens, dans le secteur de la culture et dans tant d’autres. Je renouvelle ma confiance totale en ma cheffe de cabinet également citée dans l’article dont question. Je regrette cependant que ce travail d’équipe soit terni de façon gratuite », écrit Elisabeth Degryse dans un communiqué.

Action en justice d’une ex-cheffe de cabinet adjointe licenciée

La ministre-présidente révèle que l’action en justice est menée par une cheffe de cabinet adjointe qu’elle a licenciée en septembre 2025 pour rupture de confiance. « C’est parfaitement son droit de contester cette fin de collaboration devant le Tribunal du travail. La juridiction du travail ayant été saisie, je regrette qu’elle tente désormais de mener un procès médiatiquement », précise-t-elle.

Je regrette surtout que l’on instrumentalise une question de bien-être au travail pour ternir la réputation d’une équipe qui, au jour le jour, veille au développement de la culture.

En attendant l’issue de la procédure sur laquelle elle n’entend pas s’épancher, elle voit dans la publicité qui en est faite, une démarche préjudiciable. « Ce qui me touche particulièrement, ce n’est pas tant que l’on tente de porter atteinte à mon honneur et ma réputation. En tant que femme politique, je dois être à même de justifier mon action et le ferai. Je regrette surtout que l’on instrumentalise une question de bien-être au travail pour ternir la réputation d’une équipe qui, au jour le jour, veille au développement de la culture », conclut Elisabeth Degryse.

(Face à des témoignages dénonçant de mauvais traitements de travail dans son chef et de la part de sa cheffe de cabinet, Elisabeth Degryse, se défend et dénonce une campagne médiatique à charge. Crédit : Philippe Bourguet).