COMPAREE AU REGIME NAZI, LA RTBF SE MONTRE MENAÇANTE

La RTBF dénonce la diffusion et la rediffusion de propos comparant son personnel à la Gestapo

BELGA

Tôt ce lundi matin, 23 février 2026, la chaîne audiovisuelle publique a dénoncé, dans un communiqué, « les propos injurieux, outranciers et inacceptables dirigés contre ses équipes ». Elle entend prendre les mesures nécessaires, « tant sur le plan éditorial que juridique » pour garantir le respect de ses équipes, de ses missions et du cadre démocratique ». Mais il n’est, pour l’instant, pas d’action en justice. C’est une publication sur X (ex-Twitter) et republié plusieurs fois, notamment par le président du MR, Georges-Louis Bouchez, qui suscite le courroux des dirigeants de la RTBF.

Les polémiques autour du travail de la RTBF et de ses journalistes sont désormais monnaie courante, de même que les réactions des dirigeants de la chaîne audiovisuelle publique. Ceux-ci ont publié tôt, ce lundi matin, un communiqué de presse dénonçant une publication faite sur X (ex-Twitter) par un compte anonyme (@aziz_lumiere86) d’un texte fustigeant le niveau de la dotation annuelle publique de la RTBF (400 millions d’euros) et estimant que « ces fonctionnaires-militants-gestapistes doivent pointer au chômage ».

Propos insultants

Pour les dirigeants de la RTBF, une limite a été franchie et ils veulent marquer le coup. « Assimiler l’ensemble de son personnel à la Gestapo constitue une injure grave et totalement inadmissible. De tels propos écrits, diffusés et rediffusés sur les réseaux sociaux sont inacceptables pour la RTBF, sa direction et son personnel. Ces propos insultent les équipes actuelles mais aussi celles et ceux qui ont fait au cours de l’histoire ce que nous sommes : un média de service public au service de son public et de la démocratie. Tenir et propager de telles comparaisons franchissent une limite incompatible avec les principes fondamentaux d’un État de droit », écrivent-ils.

Pour la chaîne audiovisuelle publique, la critique est une bonne chose en démocratie et permet de faire avancer le débat, mais elle ne permet tout, notamment assimiler un média public et son personnel aux pratiques des nazis.

Attaque contre les valeurs démocratiques

« Dans une démocratie, la confrontation d’idées, même radicalement opposées, est légitime et nécessaire. Elle nourrit le pluralisme et renforce le débat public. Mais lorsque les mots mobilisent des références historiques liées à aux crimes du régime nazi pour banaliser la haine et la violence, il ne s’agit plus d’un désaccord : il s’agit d’une attaque contre les valeurs démocratiques mêmes qui fondent notre société. Dans un climat où les repères sont parfois fragilisés, un média public indépendant demeure un pilier essentiel de la vie démocratique. Cette responsabilité, la RTBF l’assume avec détermination. Cela suppose également une responsabilité particulière de la part des responsables politiques, précisément en raison de leur position et de l’impact de leur propos », poursuivent les dirigeants de la chaîne.

Ils entendent donc prendre « toutes les mesures nécessaires, tant sur le plan éditorial que juridique, afin de garantir le respect de ses équipes, de ses missions et du cadre démocratique ».

Gestapo, synonyme d’exactions, de terreur et d’arbitraire

Contactée par nos soins, la porte-parole de la RTBF, Axelle Pollet, précise que la chaîne n’envisage pas pour l’instant, une action en justice. Elle précise que sa réaction doit être perçue comme une conscientisation de l’opinion face aux dérives et qu’elle ne vise personne en particulier.

La Gestapo est un acronyme allemand de Geheime Staatspolizei et qui signifie « Police secrète d’État ». Sa mission, lors de la deuxième Guerre mondiale, était de traquer les opposants (internes, externes, réels, supposés) ainsi que les adversaires du régime nazi et les résistants dans les pays occupés par l’Allemagne. Elle avait commis les pires exactions durant la guerre et son évocation est synonyme de terreur et d’arbitraire. D’après les historiens, la Gestapo a joué un rôle primordial dans l’extermination des juifs d’Europe.