Migrants : l’Algérie consent à récupérer ses citoyens illégaux expulsés de Belgique

Journaliste – Rédacteur en chef.
BELGA En visite en Belgique, le ministre algériens des Affaires étrangères, Ahmed Ataf, a signé, mardi 31 octobre, deux accords avec son homologue belge, Maxime Prévot (Les Engagés), et la ministre belge de l’Asile et de la Migration, Anneleen Van Bossuyt (N-VA) dont un concerne la réadmission des Algériens expulsés de Belgique. En 2025, 2.251 Algériens ont reçu un ordre de quitter le territoire, mais d’après les données de la ministre Van Bossuyt, 85 d’entre eux ont été renvoyés en Algérie. Le second accord porte sur l’exemption de visa pour les détenteurs de passeports diplomatiques et de service. Le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot, a également relevé l’importance des relations commerciales entre la Belgique et l’Algérie.
La Belgique a choisi la voix diplomatique pour régler les problèmes des migrants illégaux. Elle a signé, mardi 31 mars, un accord avec l’Algérie pour que le pays récupère les citoyens algériens en séjour illégal et expulsés de notre pays. L’accord a été signé, au palais d’Egmont (Bruxelles) avec le ministre algérien des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, en séjour en Belgique.
2.251 Algériens ont reçu un OQT en 2025
D’après les statistiques disponibles, 2.251 ressortissants algériens ont reçu un ordre de quitter le territoire (OQT) en 2025. Mais d’après la ministre de l’Asile et de la Migration, Anneleen Van Bossuyt (N-VA), seul 85 d’entre eux ont été expulsés d’une manière ou d’une autre, « volontairement » ou de force. Elle a précisé que 780 prisonniers algériens sont détenus dans les prisons belges et parmi eux, environ 700 ne sont pas détenteurs d’un titre de séjour.
Cette prolongation est importante lorsque la personne concernée oppose une résistance durant la première tentative.
L’accord signé entre la Belgique et l’Algérie intègre également la prolongation de la durée de validité du document de voyage (laissez-passer) délivré par le pays d’origine du citoyen en séjour illégal en Belgique. L’accord prévoit donc que cette durée passe d’un à trente jours. D’après la ministre de l’Asile et de la Migration, Anneleen Van Bossuyt, « cette prolongation est importante lorsque la personne concernée oppose une résistance durant la première tentative (de rapatriement, ndlr) et qu’il faut plus de temps pour procéder à son expulsion ».
BELGA Le ministre algérien des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, et le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, Maxime Prévot, photographiés lors de la signature d’un accord de réadmission et d’un accord d’exemption de visa pour les titulaires de passeports diplomatiques et de service entre la Belgique et l’Algérie, le mardi 31 mars 2026 à Bruxelles. (BELGA PHOTO MARIUS BURGELMAN)
Des agents algériens pour escorter les illégaux
Par ailleurs, il est également prévu que de solliciter le concours d’agents algériens lorsque l’expulsion du migrant en séjour illégal se fait sous la contrainte. Cette disposition permettra de reconduire plusieurs illégaux par avion et de faciliter l’identification rapide des étrangers illégaux. « Jusqu’ici, il fallait des mois pour que l’identification soit réalisée, désormais cela ne prendra que 15 jours », précise la ministre Van Bossuyt.
Elle qualifie l’accord d’historique, rappelant que les deux pays y travaillent depuis de nombreuses années.
Exemption de visa pour les diplomates
Un autre accord a été signé avec le ministre algérien. Il porte sur l’exemption de visa pour les détenteurs de passeports diplomatiques et de service. Pour le ministre belge des Affaires, la signature des deux accords revêt une importance capitale. « Ce n’est pas anodin. Quand deux pays signent de tels accords en si peu de temps, c’est la preuve que la confiance est là, que le dialogue est franc et productif. (…). D’autres chantiers sont en préparation, dans la coopération judiciaire et la coopération policière notamment », a déclaré Maxime Prévot dans son discours.
Quand deux pays signent de tels accords en si peu de temps, c’est la preuve que la confiance est là, que le dialogue est franc et productif.
Il a insisté sur les liens qui unissent les deux pays. « L’Algérie occupe une place particulière en Belgique. Plus de trente mille Belges d’origine algérienne font vivre notre pays : dans nos entreprises, nos hôpitaux, nos universités, notre monde culturel. Ils sont un pont vivant entre nos deux nations. Et n’oublions pas que la Belgique a été, dans l’histoire, un pays ami de l’Algérie dans les heures les plus difficiles de son combat pour l’indépendance. Cette mémoire partagée est un socle. (…). La Belgique est le cinquième partenaire européen de l’Algérie. Ce que nous construisons aujourd’hui, c’est l’avenir », a poursuivi le vice-Premier ministre belge. Pour rappel, les échanges commerciaux s’élèvent à environ 1,7 milliard d’euros.
(Echange des documents des accords entre le ministre algérien des Affaires étrangères, Ahmed Attaf et la ministre belge de l’Asile et de la Migration, Anneleen Van Bossuyt, sous le regard du vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, Maxime Prévot, mardi 31 mars au palais d’Egmont à Bruxelles. Crédit Photo : Marius Burgelman/BELGA)
