Iran : l’espoir d’un changement après la mort du chef suprême de la révolution islamique

Journaliste – Rédacteur en chef.
BELGA Le 28 février 2026 sera à marquer d’une encre indélébile sur le calendrier des Iraniens et de celui de ceux qui soutiennent les manifestants qui réclament des changements ainsi que de leurs opposants. Le raid conjoint des USA et d’Israël a sonné le glas d’Ali Khamenei, le guide suprême de la révolution islamique, qui tenait le pays d’une main de fer au prix d’une répression sanglante qui broie une population éprise de changement. Une grande partie de ses nervis ont également subi le même sort.
Personne ne pleurera le grand commandeur du corps des gardiens de la révolution islamique qui, avec ses principaux collaborateurs, a validé de nombreux méfaits et assassinats d’opposants perpétrés au nom d’un régime théocratique et sanguinaire. Les gardiens de la révolution islamique sont le bras armé de la dictature qui a englouti des centaines de jeunes ne demandant qu’à vivre libre et à disposer de leurs corps dans un pays censé les protéger.
Il y aura des voix qui, tout en se défendant de soutenir Ali Khamenei, monteront au créneau pour dénoncer une violation du droit international dans le chef du président américain, Donald Trump, et du premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou.
On ne compte plus les pendaisons d’opposants, de journalistes, d’intellectuels ayant osé critiquer le régime des mollahs. Personne n’a oublié les assassinats de jeunes filles dont le seul tort est d’avoir manifesté, d’une manière ou d’une autre, leur soif de liberté.
Il y aura des voix qui, tout en se défendant de soutenir Ali Khamenei, monteront au créneau pour dénoncer une violation du droit international dans le chef du président américain, Donald Trump, et du premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, pour avoir ordonné le raid qui a décimé le régime des mollahs. Ont-elles oublié que l’ayatollah Ali Khamenei et ses sbires du corps des gardiens de la révolution islamique ont massacré plusieurs centaines manifestants qui réclamaient des changements ?
Les voix qui crient à la violation du droit international ont-elles zappé la diplomatie des otages et des menaces que pratiquent l’ayatollah Khamenei et son régime ?
Ignorent-elles que le régime des mollahs finance des Etats proxys qui lui servent d’armes de déstabilisation de la sous-région ? Ont-elles zappé la diplomatie des otages et des menaces que pratiquent l’ayatollah Khamenei et son régime ? Les droits de l’Homme sont bafoués au quotidien par un régime dictatorial et sanguinaire, et se contenter de dénoncer sans passer à l’action pour le faire tomber ne fait que renforcer celui-ci. Il se sent d’autant plus en force qu’il considère cette position de défense pacifique des droits de l’Homme comme une faiblesse, voire une impuissance.
Reste à espérer que le raid de samedi 28 février soit, d’abord, le début d’une nouvelle ère pour les Iraniennes et les Iraniens, et l’avènement, à terme, d’un régime qui prendra en compte les aspirations du peuple au lieu de les étouffer dans le sang.
Une chose est sûre : la population en Iran et la diaspora iranienne à l’étranger ont salué le raid comme une libération. Il est un pansement apaisant sur les plaies des victimes et de leurs proches. Certes, on peut craindre des conséquences sur le plan économique avec notamment une flambée du prix du pétrole (et de facto des carburants), et en matière de sécurité (attentats terroristes), mais tout le monde s’y attend. Par conséquent, les mesures nécessaires doivent être prises pour limiter les impacts économiques ou déjouer ces projets funestes.
Reste à espérer que le raid de samedi 28 février soit, d’abord, le début d’une nouvelle ère pour les Iraniennes et les Iraniens, et l’avènement, à terme, d’un régime qui prendra en compte les aspirations du peuple au lieu de les étouffer dans le sang. Ensuite que l’ancienne Perse ne soit plus une menace pour ses voisins directs ou synonyme de terrorisme à l’international et que la diplomatie des otages soit un mauvais souvenir à oublier pour les occidentaux.
(Grande marche de soutien au peuple iranien, le dimanche 1er mars 2026, à Bruxelles. BELGA PHOTO TIMON RAMBOER).
