REFUS DE LA PARTICIPATION DU CENTRE JEAN GOL

La Foire du livre de Bruxelles ne cédera pas aux pressions politiques

La Foire du Livre de Bruxelles est prévue du 26 au 29 mars. LPOST

BRUXELLES. La Foire du livre de Bruxelles entend préserver sa mission première : la liberté d’expression. Dans le cadre de l’édition 2026 qui aura lieu du 26 au 29 mars prochains, après analyse de risque, le Conseil d’administration de la Foire du livre de Bruxelles a décidé de ne pas valider en l’état la demande de participation du Centre Jean Gol. Il ne s’agit pas d’une interdiction administrative, ni encore moins d’une censure, mais d’une décision prise sur base d’une évaluation logistique prise par un organisateur, dans le cadre de son règlement général et de ses responsabilités tenant compte des éléments du passé et du contexte.

La décision prise par l’ASBL Foire du livre de Bruxelles ne repose sur aucune considération idéologique. Elle s’appuie exclusivement sur des éléments liés à la sécurité, aux contraintes logistiques et à la viabilité de l’événement. La liberté d’expression n’implique pas un droit automatique d’accès à un événement de cette ampleur, indépendamment des circonstances concrètes.

Une analyse fondée sur les faits

Depuis plus de cinquante ans, la Foire du livre de Bruxelles est un espace de débats, de découvertes et de rencontres autour du livre et des idées, accessible à tous. Elle promeut le temps de lecture et part à la rencontre des lecteurs et lectrices de demain. Elle rassemble chaque année des dizaines de milliers de visiteurs, des centaines d’exposants et des auteurs issus d’horizons variés. Sa mission est claire : promouvoir la lecture, soutenir la création et permettre la confrontation des points de vue dans un cadre respectueux et sécurisé.

La liberté d’expression, avec toutes les mesures de sécurité requises,  est au cœur de la mission de la Foire.

Cette décision du Conseil d'Administration de la Foire du livre fait suite à une analyse de risque approfondie menée au regard des tensions et incidents survenus lors des éditions précédentes, ainsi qu’au contexte actuel marqué par des mobilisations répétées autour d’événements liés au Centre Jean Gol et/ou à son président Georges-Louis Bouchez. En 2024 et 2025, des rencontres organisées dans ce cadre à la Foire ont nécessité des dispositifs de sécurité croissants, mobilisant fortement en 2025 les forces de l’ordre au sein même de la Foire du livre. Des dégradations ont été constatées en 2025 dans l’enceinte de Tour et Taxis et plusieurs exposants ont exprimé leur inquiétude face au climat de tensions généré.

En conséquence, une analyse de risque a été menée, notamment, en concertation avec le Centre Jean Gol lors du débriefing de l’édition 2025. Un dialogue s’est ensuite poursuivi. Malgré cela, la Foire du livre de Bruxelles a reçu une mise en demeure évoquant notamment des recours judiciaires et des campagnes médiatiques si la participation du centre d’études n’était pas rétablie.

Le Conseil d’administration de la Foire du livre de Bruxelles comprend que cette décision puisse être contestée. Toutefois, ces manifestations de désaccord ne modifient en rien son devoir d’agir dans le respect des règles de participation à la Foire et des études de risques possiblement encourus, et ce dans l’intérêt général de la manifestation qu’il organise, et de la sécurité et la protection des publics et des participants. La Foire du livre a formulé des propositions alternatives dans deux courriers adressés courant février afin d’éviter de reproduire la situation de mobilisation policière excessive durant l’événement, refusées à ce jour par le Centre Jean Gol.

Une responsabilité juridique claire

La Foire du livre a pour mission d’accueillir des publics scolaires en semaine et rassemble un public familial le week-end. Les pics de fréquentation peuvent atteindre plusieurs milliers de personnes par heure. Dans ce contexte d’obligation de sécurisation des espaces dans un lieu privé et largement ouvert et accessible, la responsabilité de la Foire est engagée. La Foire a comme impératif premier de garantir la sécurité et la protection physique des exposants, des visiteurs, majoritairement des jeunes et des familles, ainsi que du personnel et des équipes d’organisation durant toute la durée de la Foire du livre.

Multiplier les agents de sécurité ne suffit pas à réduire à néant tout risque encouru.

 

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