EDITO

AIP : donner une chance à la négociation

bePress Photo Agency / Philippe

Le 1er mai est désormais passé. Et pour la deuxième année consécutive, les partis politiques ont été obligés de faire leurs discours traditionnels en mode virtuel en raison de la crise sanitaire. En effet, les grands rassemblements permettant de mobiliser les troupes dans une ambiance festive et de rappeler les marqueurs respectifs ne sont pas les bienvenus en ce moment. Mais n’empêche. Même en mode virtuel, les partis politiques, par la voix de leurs présidents respectifs, ont mis l’accent sur les points qui intéressent davantage leur électorat.

Le Gouvernement fédéral et les partenaires sociaux doivent redoubler de créativité pour conclure, dans un délai raisonnable, un Accord interprofessionnel (AIP)

Au MR, Georges-Louis Bouchez a défendu la distribution de dividendes que le PS menace de bloquer s’il n’y a pas d’accord pour une revalorisation salariale plus importante que le 0,4% actuellement sur la table. Chez les socialistes, Paul Magnette a martelé, dans un Facebook Live, que le PS est de retour et que c’en est fini des nouvelles taxes, des sauts d’index et de l’austérité. Raoul Hedebouw, porte-parole du PTB a exhorté les autres partis de gauche à œuvrer de concert pour libérer la norme salariale en soutenant la proposition de loi déposée avec le soutien du député socialiste Marc Goblet. Les co-présidents d’Ecolo, Rajae Maouane et Jean-Marc Nollet, ont plaidé pour une augmentation de salaires dans les salaires ayant bénéficié de la crise et une revalorisation des salaires minimum.

Toutes ces revendications répondent à des attentes fortes des travailleurs qui ont payé un lourd tribut à la crise sanitaire. Certaines entreprises ont aussi souffert, d’autres ont réussi à profiter de la crise en raison de leur positionnement stratégique sur le marché. Après ce 1er mai qui n’a de fête que de nom vu les circonstances et les mesures imposées pour contrer le virus serial killer, il faut désormais remettre le cœur à l’ouvrage pour éviter une déception collective.

Le Gouvernement fédéral et les partenaires sociaux doivent redoubler de créativité pour conclure, dans un délai raisonnable, un Accord interprofessionnel (AIP) qui satisfasse tout le monde. Il faut donc suivre le Fédéral sur la voie de circulaires pour permettre une augmentation de salaire supérieure au 0,4% dans les entreprises bénéficiaires.

Il faudra trouver une solution aussi pour les travailleurs des entreprises ayant souffert de la crise afin d’éviter toute frustration et une sorte de double peine. C’est la priorité du moment. Mais on ne fera pas l’économie, plus tard, d’une révision de la loi de 1996 qui encadre l’évolution des salaires afin de ne pas compromettre la compétitivité des entreprises belges. Sans précipitation et sa pression inutile, mais avec la volonté de tout un chacun de tendre vers une solution équitable. La loi de 1996 a montré ses limites au regard de la crise sanitaire et il faut en tirer les leçons.