EDITO

Les efforts paient, mais prudence

BELGA
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Après plus d’un an passé sous le régime Covid-19, alternant confinement et déconfinement, les Belges voient enfin le bout du tunnel. Les assouplissements annoncés vendredi sont pour beaucoup synonymes de liberté retrouvée. Un soulagement pour tous.

Dès ce 9 juin, les restaurateurs et les cafetiers vont pouvoir retrouver leur liberté d’action et accueillir les clients avec plus d’aisance. Le secteur du voyage retrouve le sourire parce que beaucoup de restrictions qui leur étaient imposées jusqu’à présent seront bientôt levées. Pour les travailleurs, le retour en présentiel au bureau est autorisé, à raison d’un jour par semaine maximum dès mercredi. Espérons que ce ne soit qu’un début et que la jauge augmentera progressivement pour arriver à un équilibre parfait entre le présentiel au bureau et le travail à distance. Il faudra laisser aux différents secteurs le soin de trouver la solution qui garantira l’efficacité des activités professionnelles plutôt qu’une mesure générale imposée à tout le monde sans tenir compte des particularités des différents corps de métier.

On peut se demander si la loi pandémie que la majorité fédérale voulait voter dans la précipitation (…) est encore justifiée.

Si les différents paramètres comme le taux de contamination, le nombre de patients en soins intensifs et les décès liés au Covid-19, ont baissé, c’est, en grande partie, grâce à l’accélération de la campagne de vaccination qui a enfin trouvé un rythme acceptable. Mais elle doit encore bénéficier d’un boost supplémentaire pour atteindre une vitesse de croisière qui nous permettra d’atteindre une immunité collective conséquente. Il restera aussi à convaincre encore un pan entier de la population qui demeure opposé à la vaccination comme si celle-ci est pire que la pandémie qui a décimé principalement la catégorie âgée de nos concitoyens. La crise du Covid-19 n’est pas une illusion. C’est une réalité.

Mais si les différents paramètres sont aujourd’hui bons, permettant ces assouplissements, c’est aussi grâce au civisme et au respect des règles d’une majorité considérable de la population qui a accepté la mise entre parenthèses de ses libertés pour l’intérêt supérieur de tous, pour le bien de tous. On saura dans les prochains jours si le recul du virus n’est qu’une suite logique de la cyclicité de son évolution.
Mais vu la situation, on peut se demander si la loi pandémie que la majorité fédérale voulait voter dans la précipitation afin de légaliser des mesures liberticides est encore justifiée. Il suffit de tirer les leçons de la difficile épreuve qu’on vient de traverser pendant plus d’un an et se dire qu’à l’avenir, il faudra respecter les principes démocratiques en soumettant les mesures au vote des représentants du peuple que sont les député(e)s. Nos gouvernants seraient bien inspirés de se dire que pour le futur, devant une pareille catastrophe sanitaire, ils se faciliteraient la tâche et obtiendraient une plus grande adhésion de la population aux mesures en demandant officiellement des pouvoirs spéciaux pour un temps déterminé plutôt que de se les octroyer au mépris des règles démocratiques.

Les assouplissements annoncés vendredi sont mérités, car la population a fait des efforts et ceux-ci sont couronnés de succès vu les paramètres encourageants. Mais la prudence s’impose. Profitons de la liberté retrouvée, mais soyons vigilants et appliquons des règles de bon sens. Car nous ne sommes pas totalement sortis de l’auberge et d’autres pandémies nous menacent encore. Protégeons davantage l’environnement dans chacun de nos gestes au quotidien, car il est aujourd’hui avéré, d’après les constatations scientifiques, que c’est en négligeant la nature et la biodiversité que nous avons créé des trous dans la barrière qui nous protège, permettant ainsi aux virus de nous atteindre, nous les humains.


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