EDITO

Fonds des calamités : il faut élargir les critères d’accès

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Deux semaines après les inondations qui ont endeuillé principalement la Wallonie et causé de nombreux dégâts matériels, les autorités wallonnes, provinciales et communales continuent à gérer les urgences. Des mesures supplémentaires continuent à être annoncées en matière d’aides aux sinistrés et aux autorités locales.

Les compagnies d’assurances apportent leur assistance, directement ou via les courtiers, pour éclairer les victimes et leur expliquer ce à quoi ils ont droit en matière d’indemnisation. Mais il est temps de passer à une stratégie de gestion d’une crise et penser à des solutions de plus ou moins long terme pour les victimes des vagues meurtrières. Certes, le fonds des calamités interviendra pour assister financièrement des sinistrés non-assurés, mais force est de constater que si on n’élargit pas les critères, beaucoup de citoyens confrontés à des dégâts matériels conséquents, voire qui ont tout perdu, risquent de se retrouver sur les carreaux. A situation exceptionnelle, mesures tout aussi exceptionnelles donc.

En effet, le fonds des calamités n’intervient que pour les biens qui ne sont pas assurables par les compagnies d’assurances ou en faveur des citoyens bénéficiant du Revenu d’intégration sociale (RIS). Mais beaucoup de citoyens, frappés par les inondations destructrices, ne remplissent pas ces critères. Il est temps de donner une ligne claire à ce sujet pour apaiser l’inquiétude de sinistrés pour éviter qu’ils ne sombrent dans un puits de désespoir. A défaut, les autorités wallonnes risquent de se prendre des vagues de mécontentement susceptibles de balayer la digue de confiance des populations dont la patience est déjà à fleur de peau. Un autre signal d’apaisement des esprits des sinistrés serait de leur offrir une exonération du précompte immobilier. Car à quoi bon s’acquitter de cet impôt régional sur un bien détruits ou sérieusement endommagés par les flots ?

Sur un autre plan et dans le but de relancer un débat qui revient à intervalles réguliers, ces inondations viennent rappeler la nécessité d’initier la réflexion sur l’opportunité de rendre obligatoire l’assurance incendie avec des tarifs à discuter avec le secteur, mais suffisamment abordables pour permettre à chaque foyer de pouvoir se l’offrir.  Une telle décision permettra aux autorités de ne plus devoir solliciter davantage le fonds des calamités et pourrait être source d’économie budgétaire sur le long terme.

Après les logements d’urgence, il faut maintenant s’atteler à offrir un abri de plus ou moins long terme aux sinistrés aujourd’hui sans-abri. Les logements modulaires ou les préfabriqués qui seront commandés doivent respecter des critères de confort, notamment en matière d’isolation pour éviter qu’en hiver les occupants ne se retrouvent à greloter de froid et ne se lancent à la recherche de solution pour se chauffer avec des risques d’accidents dont certains peuvent entraîner la mort. Réfléchir à ces questions relève simplement d’un principe de saine gestion et d’anticipation pour éviter d’être pris au dépourvu et de devoir chercher des solutions d’urgence en cas de catastrophe…

 


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