EDITO

Inondations : une commission d’enquête parlementaire est indispensable

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Voilà plus de deux semaines que les inondations meurtrières des 14, 15 et 16 juillet ont frappé principalement la Wallonie et on n’a pas encore fini d’appréhender l’ampleur du drame. Le bilan d’une quarantaine de morts est acté et les dégâts matériels vont plusieurs se chiffrer à plusieurs centaines de millions d’euros.

Certes, les autorités politiques, à différents niveaux de pouvoir, tant au niveau fédéral, régional que local tentent, tant bien que mal, d’apporter les aides aux sinistrés. Mais la sortie du ministre-Président wallon, Elio Di Rupo (PS) dans la presse ce week-end, repoussant d’un revers de main les demandes d’une commission d’enquête parlementaire est inopportune et contre-productive. Sous prétexte notamment qu’il y a une instruction judiciaire qui vient d’être lancée par le parquet de Liège et qu’il ne faut pas y interférer ne convainc pas totalement.

Pourquoi refuser aux députés wallons de se pencher sur une des plus dramatiques catastrophes naturelles de ce siècle pour voir si les dispositions mises en place en cas de survenance de ces événements ont-elles fonctionné ou pas ? Le temps long de la justice n’est pas celui d’une commission d’enquête parlementaire. Bien balisée, cette dernière devrait examiner, en un temps beaucoup plus court, s’il y a eu des ratés au niveau politique et ses conclusions pourraient valablement alimenter le travail d’investigation des autorités judiciaires. De plus, il y a déjà des situations où une commission d’enquête parlementaire a fonctionné parallèlement à une procédure judiciaire et cela n’a pas tellement posé de soucis.

Dans le cas de la commission d’enquête parlementaire, ce sont des responsabilités politiques qui seront dégagées, avec à la clé des enseignements politiques. C’est différent d’une enquête judiciaire qui plutôt se retrouve sur le plan pénal. Ce sont deux pouvoirs différents qui n’ont pas les mêmes visées. La mission des commissaires parlementaires ne sera donc pas de juger, ni de sanctionner, mais il s’agira de faire un rapport avec des recommandations pour améliorer la situation et prendre des mesures législatives. Vu l’ampleur des dégâts matériels, la détresse des sinistrés et les pertes en vies humaines, l’annonce de la mise en place d’une vraie commission d’enquête politique à la rentrée parlementaire enverrait déjà un message d’apaisement aux citoyens, principalement aux premiers concernés que sont les sinistrés. Ils sont en droit de demander des comptes aux responsables politiques et de savoir si les dispositions avaient été prises pour les protéger. Refuser avec autant d’autorité la commission d’enquête parlementaire créerait de la frustration et entamerait encore un peu plus le capital confiance de la population. Sans compter que celle des députés qui auront l’impression (à juste titre) d’avoir été empêchés d’exercer leur mandat d’interpellation et de contrôle de l’exécutif régional.


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