EDITO

Climat : des solutions pragmatiques, pas de dogmatisme

bePress Photo Agency / BOURGUET

Le premier rapport complet d’évaluation des scientifiques du climat vient de tomber. Réalisé par le Groupe d’experts intergouvernementaux sur l’évolution du climat (Giec/Onu), le document est le premier le plus abouti depuis sept ans. Les experts rappellent, si besoin en était encore, l’impact de l’activité humaine sur l’évolution négative des émissions de gaz à effet de serre et l’urgence à passer des paroles aux actes beaucoup plus significatifs pour préserver la planète.

Car l’activité humaine continue à dégrader l’atmosphère et le réchauffement de 1,5° par rapport à l’ère pré-industrielle sera atteint dix ans plus tôt que prévu. Les températures extrêmes, les inondations, les incendies qui touchent l’Europe (Belgique, Allemagne, Turquie, Grèce, etc.) ne seront plus des phénomènes rares, ni des exceptions. Ils seront de plus en plus fréquents. Ils ne seront plus l’apanage des pays pauvres comme nous avons coutume de l’imaginer. Les épidémies nous confronteront de plus en plus à des défis sanitaires.  Des réfugiés climatiques viendront grossir le rang des expatriés jetés sur la route de l’exil pour des raisons politiques et économiques.

Nous n’avons que quelques années d’existence à passer sur cette planète, nous devons les passer dans de meilleures conditions et essayer d’être heureux. Il est plus que temps de prendre conscience que nos comportements créent des dommages importants à l’environnement et que nous avons le devoir de laisser un héritage environnemental sain et, si possible, de meilleure qualité.

Il faut des solutions pragmatiques, sortir des discours culpabilisants des citoyens et faire en sorte que les solutions proposées suscitent beaucoup plus d’adhésion que de méfiance.

Nul n’a la solution idéale pour freiner la destruction (inexorable ?) de la planète. Il n’y a d’ailleurs pas qu’une solution possible, mais une multitude d’option à combiner pour rectifier le tir et espérer sauver la planète, à tout le moins ralentir ou encore réparer les dégâts. Certes, nous pouvons faire confiance à nos enfants, nos petits-enfants et encore à la génération qui les suivra pour trouver d’autres options de réparation grâce aux avancées technologiques et aux prises de conscience salutaires qui se répandent de plus en plus dans la population. Mais nous avons notre part de responsabilités. Nous devons donc apporter notre contribution à la recherche des solutions. Des responsables politiques aux associations en passant par le citoyen lambda, chacun doit apporter sa part et celle-ci ne sera jamais insignifiante. Nous devons revoir nos comportements et nos modes de vie, faire plus attention. Nous devons repenser notamment nos modes de déplacement, de consommation alimentaire ainsi que notre production et notre consommation d’énergie. Il faut des solutions pragmatiques, renoncer aux discours culpabilisants des citoyens et faire en sorte que les solutions proposées suscitent beaucoup plus d’adhésion que de la méfiance.

Certes, il faut privilégier les moyens de transport collectifs et développer des activités au plus proche des consommateurs et des clients (produire et consommer local). Nous devons aussi revoir la planification de nos vacances. Tous les secteurs de l’activité économique sont concernés, l’automobile, le transport aérien, l’industrie, etc. Pas de politique d’exclusion. Pas de dogmatisme non plus. En matière d’énergie, il est plus que jamais indispensable de privilégier le mix énergétique intégrant la production d’énergie via des centrales nucléaires modernes plutôt que de les exclure de l’équation à résoudre. Continuer à travailler sur la problématique des déchets nucléaires doit aller de pair avec le développement des énergies renouvelables plutôt que de mettre tous nos œufs dans le panier. Car ce faisant, on se ferme des portes de développements sur plusieurs plans. A titre d’exemple, le nucléaire joue un rôle important dans le traitement des cancers.

Il n’y a plus une minute à perdre pour guérir la planète ou travailler à sa préservation et tout le monde est concerné.