ENERGIE

Centrale au gaz des Awirs : le mouvement Dégaze saisit le conseil d’Etat

Des responsables de Dégaze et des opposants lors d'une opération contre la centrale des Awirs. Crédit Dégaze

Le collectif de citoyens, Dégaze/Tegengas a introduit ce vendredi 7 janvier un recours au conseil d’Etat pour demander l’annulation du permis unique délivré par les autorités régionales pour la construction de la centrale au gaz des Awirs (Flémalle). Le mouvement met en avant l’impact négatif sur le climat et la pollution environnementale locale comme l’émission d’oxyde d’azote (NOx) et d’ammoniac. Il rappelle que leur opposition aux centrales à gaz ne signifie nullement qu’ils sont en faveur de la prolongation de l’exploitation des récentes centrales nucléaires de Doel 4 et de Tihange 3. Le collectif fourbit déjà ses armes pour contester le permis de la centrale de Vilvorde en cas de nouvelle demande de licence de la part d’Engie/Electrabel.

Comme nous vous l’annoncions dans nos récentes éditions (L-Post du 8 décembre 2021), le mouvement citoyen Dégaze/Tegengas a introduit ce vendredi un recours au conseil d’Etat contre le permis unique délivré par les autorités wallonnes pour la construction de la centrale électrique au gaz fossile des Awirs (Flémalle en région liégeoise). La centrale TGV (Turbine-gaz-vapeur) est une infrastructure de production d’électricité d’une puissance de 805,35 mégawatts (MW). C’est un projet porté par Engie/Electrabel et qui a été retenu dans le cadre du mécanisme de subsidiation des nouvelles unités de production (CRM), censées remplacer les centrales nucléaires dont l’extinction est programmée d’ici 2025. « Avec les riverains, Dégaze fait appel contre l’impact négatif sur le climat et la pollution environnementale locale, comme l’émission d’oxydes d’azote (NOx) et d’ammoniac, de la centrale prévue aux Awirs (Flémalle) », explique Léon Tubbax, porte-parole de Dégaze.

Dégaze prêt à contester de nouveau la centrale de Vilvorde

Certes, le recours en annulation du permis introduit par l’association activiste contre la centrale des Awirs n’est pas suspensif des travaux de construction de l’ouvrage. Ils pourront donc démarrer, mais il met une épée de Damoclès sur la tête du second projet retenu dans le cadre du CRM. Le premier projet est celui de la centrale au gaz de Vilvorde, également porté par Electrabel, et dont la demande de permis a été rejetée par la ministre flamande de l’Energie, Zuhal Demir (N-VA).

L’énergéticien a déjà annoncé son intention d’introduire une nouvelle demande de permis pour sa centrale de Vilvorde en répondant aux critiques de la ministre Demir. Mais le collectif citoyen fourbit déjà ses armes et est prêt à contester cette nouvelle demande de permis qui devrait être bientôt déposée par Engie/Electrabel. « En ayant réussi à placer ses deux centrales à gaz fossile (Awirs, Vilvorde) sur la liste des projets retenus dans le cadre du CRM, Engie/Electrabel va bénéficier d’une subvention de près d’un milliard d’euros sur 15 ans. Or, l’impact environnemental négatif des centrales au gaz fossile est connu. Si Engie introduit une nouvelle demande pour la centrale de Vilvorde, nous réintroduirons un nouveau recours avec les riverains. Nous avons des arguments solides qui nous font penser que le recours contre la centrale des Awirs nous sera favorable, notamment parce que la demande de permis doit intégrer tous les aspects du projet, y compris l’autorisation pour une nouvelle conduite pour amener le gaz. Or, cette conduite a fait l’objet d’une demande séparée introduite par Fluxys. Rien que cet élément peut justifier une annulation du permis », précise Léon Tubbax.

Si Engie introduit une nouvelle demande pour la centrale de Vilvorde, nous réintroduirions un nouveau recours avec les riverains.

Autoriser les centrales au gaz est une décision irresponsable

« Les ravages climatiques de l’été dernier se réparent encore dans la province de Liège, et pourtant nos gouvernements facilitent la construction de nouvelles centrales électriques à combustibles fossiles dans la région. Notre maison brûle et nos gouvernements versent de l’essence sur le feu. En tant que citoyens, nous prenons maintenant les choses en main en mettant des bâtons juridiques dans les roues de ces décisions gouvernementales irresponsables », poursuit Gert-Jan Vanaken, porte-parole néerlandophone de Dégaze/Tegengas.

L’association rappelle qu’en novembre dernier, les riverains avaient déjà introduit un recours contre le projet de centrale au gaz de Luminus à construire au Val Saint-Lambert (Seraing). Dégaze indique que ces différentes contestations portent un coup aux différents projets des énergéticiens en Belgique. « Avec cette nouvelle démarche juridique de Dégaze (recours contre la centrale des Awirs, ndlr), tous les permis des grandes centrales à gaz prévues en Belgique sont actuellement mis en difficulté. Pour les centrales prévues à Manage et à Seraing, les riverains avaient déjà déposé un recours auprès du conseil d’État. En décembre, Dégaze/Tegengas a introduit un recours auprès du Conseil flamand des litiges relatifs aux permis contre le permis accordé à Luminus pour l’extension de la centrale électrique à Wondelgem (Gand). Les permis pour les centrales de Dilsen-Stokkem, Tessenderlo et Vilvorde ont été refusés », conclut-elle.

Ses dirigeants rappellent que leur opposition aux centrales au gaz ne signifie pas qu’ils sont favorables à la prolongation de la durée d’exploitation des deux récentes centrales nucléaires (Doel 4, Tihange 3). Au contraire, ils y sont opposés. « Il existe plus qu’assez de sources d’énergie propres pour produire de l’électricité », dit Léon Tubbax.