Indépendance de la Catalogne : Carles Puigdemont ne veut pas d’un accord politique
bePress Photo Agency / PhilippeCarles Puigdemont (59 ans), est réclamé par la justice espagnole. L’Espagne l’accuse de « sédition et de détournement de fonds publics » pour son rôle dans la tentative avortée de sécession de la Catalogne en 2017, l’une des pires crises traversées par l’Espagne depuis la fin de la dictature franquiste en 1975. Lors d’une conférence de presse qui s’est tenue ce mercredi 16 février au Press Club Brussels Europe, le député européen a annoncé la stratégie du Consell per la República Catalana. L’organisation qu’il préside cherche à organiser à l’internationale la promotion du mouvement indépendantiste catalan.
Pas de pacte avec l’Etat
« Le retour en Catalogne des exilés ne peut être un pacte politique avec l’État », annonce en ouverture de conférence de presse Carles Puigdemont. « Afin de faire reconnaître le droit à l’autodétermination de la Catalogne, après avoir consolidé son déploiement national, le Consell per la República Catalana active dès à présent un ensemble d’actions pour construire son réseau diplomatique international et ce, quelques jours seulement après sa reconnaissance en tant qu’acteur sur la scène internationale par le Parlement de Catalogne le 10 février dernier ».
bePress Photo Agency / PhilippeCarles Puigdemont
L’organisation entend mettre en place un réseau de représentants étrangers dans un certain nombre de villes-clés du monde pour promouvoir l’internationalisation de la question catalane. « Partout où le gouvernement devrait agir naturellement et où l’État l’en empêche, il y aura le Conseil. C’est l’un des moyens par lesquels l’institution républicaine peut agir et nous pouvons le faire sans craintes, sans demander la permission à qui que ce soit, ni avoir peur la répression espagnole », a-t-il précisé.
Pas une démarche personnelle
Élu au Parlement européen en 2019, Carles Puigdemont est sous le coup d’un mandat d’arrêt européen émis par l’Espagne. Lors de cette même conférence de presse, il a également tenu à souligner qu’il ne « cherchait pas de solutions personnelles » dans le cadre de cette stratégie. « L’exil est un combat politique. Il y a violation de l’Etat de droit en Espagne. C’est un outrage démocratique ». Enfin de présentation, Carles Puigdemont a également ouvert « la possibilité que l’Espagne soit sanctionnée comme la Pologne et la Hongrie pour avoir bafoué les règles de l’État de droit de l’Union européenne en la matière ».
Rappelons qu’en mars 2021, L’UE s’est prononcée en faveur de la levée de l’immunité parlementaire de Carles Puigdemont, ce qui ouvre la voie à une extradition. Carles Puigdemont dénonce alors « une persécution politique ». L’ancien président de la Catalogne demande, par une requête déposée en référé, à la justice européenne de lui rendre son immunité. Par deux fois, cette demande est rejetée.

L’ordonnance rendue le 26 novembre 2021 précise toutefois que la procédure pénale d’extradition enclenchée par l’Espagne est actuellement suspendue, dans l’attente d’une réponse de la Cour de justice européenne à une question préjudicielle posée par le Tribunal suprême espagnol. Par conséquent il n’y a actuellement pas de raison de craindre une exécution du mandat d’arrêt sur le territoire de l’UE. « Les autorités judiciaires d’exécution n’entendent pas exécuter les mandats d’arrêt européens visant les députés avant que la Cour ne statue sur cette demande », écrit le Tribunal de l’UE, pour qui les eurodéputés catalans « n’encourent pas, à ce stade, le risque d’une remise aux autorités espagnoles ».
L’ordonnance concerne aussi deux autres élus indépendantistes catalans, Antoni Comín et Clara Ponsatí, qui sont également poursuivis par la justice espagnole. Antoni Comin s’est exilé en Belgique fin octobre 2017, comme Carles Puigdemont, tandis que Clara Ponsati, également membre du Parlement européen, vit en Ecosse, où la justice a abandonné cet été la procédure d’extradition à son encontre.
