Après la Belgique, l’agence Moody’s dégrade la note de la Wallonie et de la Communauté française
BELGAMoins d’une semaine après avoir dégradé la note de la Belgique, l’agence notation a abaissé la note de crédit de la Wallonie de A3 (perspective négative) à Baa1 (perspective stable). Certes, cette dégradation s’explique par celle de la Belgique, mais Moody’s relève aussi la détérioration de la situation financière des Régions et des Communautés, sous l’effet de l’indexation automatique des salaires et de programmes d’investissement importants. Cette décision va augmenter la charge de la dette wallonne. Pour le ministre-président wallon, Adrien Dolimont (MR), la décision de l’agence de notation rend encore plus indispensables les réformes à opérer pour garantir la relance économique wallonne. La note des autres entités fédérées a aussi été dégradée (Communauté flamande, Communauté française).
Les mauvaises nouvelles se suivent et se ressemblent pour les différentes autorités belges. Vendredi dernier, Moody’s dégradait la note de la Belgique en la faisant passer de Aa3 à A1 avec une perspective stable. Suite à cette décision de l’agence américaine, les observateurs avertis s’attendaient à ce que le couperet tombe également du même côté pour les entités fédérées, dont la Wallonie. Et ce mardi 21 avril, Moody’s rendait son verdict : l’agence a abaissé la note de crédit de la Région de A3 (perspective négative) à Baa1, avec une perspective stable.
Les raisons de la dégradation de la note de crédit de la Wallonie
Cette dégradation de la note de la Wallonie est en partie une conséquence de celle de la Belgique, mais l’agence avance aussi d’autres éléments pour justifier sa décision. En effet, Moody’s met en avant la détérioration de la situation financière des Régions et des Communautés, sous l’effet combiné de l’indexation automatique des salaires et de programmes d’investissement importants. Par ailleurs, l’agence américaine évoque la faiblesse de la coordination budgétaire entre les différents niveaux de pouvoir.
Pour Adrien Dolimont, la dégradation de la note de crédit de la Walllonie intervient dans un contexte de tensions géopolitiques, d’instabilité sur les marchés financiers et d’une détérioration des finances publiques en Europe.
Réagissant à la décision de Moody’s, le ministre-président wallon, Adrien Dolimont (MR), rappelle qu’elle intervient dans un contexte de tensions géopolitiques, d’instabilité sur les marchés financiers et d’une détérioration des finances publiques en Europe. Il souligne que cette dernière situation résulte notamment des mesures exceptionnelles prises pour gérer les crises récentes et que la Wallonie ne fait pas exception.
Les économies décidées ne sont pas un choix dogmatique
Pour le Premier wallon, la décision de Moody’s vient confirmer les orientations prises par la Wallonie pour assainir sa situation budgétaire.
Notre travail d’assainissement budgétaire ne peut pas faiblir. Et notre travail sur la suite du Plan de relance est impératif.
« La décision de Moody’s de baisser la note wallonne et des autres entités fédérées qu’elle évalue fait suite à la dégradation de la note du Fédéral. Mais ce n’est pas pour ça qu’elle en est moins grave… Par ses conséquences directes et également par son message de fond : il faut une prise de conscience collective si nous voulons préserver et améliorer le pouvoir d’achat des Wallons. Cette réévaluation de notation, qui tombe quelques jours après l’ajustement budgétaire de la Wallonie, nous rappelle, si cela était encore nécessaire, que les économies à réaliser ne relèvent en rien d’un choix dogmatique, mais bien d’une saine gestion des deniers publics. Notre travail d’assainissement budgétaire ne peut pas faiblir. Et notre travail sur la suite du Plan de relance est impératif », observe Adrien Dolimont.
D’autres entités concernées
La Wallonie n’est pas la seule à voir sa note de crédit dégradée par Moody’s. L’agence a pris la même décision concernant deux autres entités fédérées. Celle de la Communauté flamande est passée de Aa3 à A1, alors que la Communauté française a vu sa note de crédit abaisser de A2 à A3.
Le cabinet du ministre-président wallon rappelle qu’en 2024 déjà, Moody’s avait révisé à la baisse la perspective associée à la note souveraine belge, la faisant passer de « stable » à « négative ». Il précise que cette décision avait entraîné un alignement des perspectives des entités fédérées notées par l’agence, sans modification de leur note.
Il convient de rappeler que si l’État fédéral est noté par les trois grandes agences de notation, la Wallonie bénéficie, quant à elle, d’une notation exclusive auprès de Moody’s.
L’an dernier avait aussi été marqué par plusieurs décisions de dégradation : l’agence Fitch avait abaissé la note du Fédéral et de la Flandre, tandis que Standard & Poor’s dégradait celle de la Région de Bruxelles-Capitale, tout en maintenant la note fédérale inchangée. « Moody’s demeurait, à ce stade, la seule grande agence de notation à n’avoir procédé à aucune dégradation d’entité belge. Il convient de rappeler que si l’État fédéral est noté par les trois grandes agences de notation, la Wallonie bénéficie, quant à elle, d’une notation exclusive auprès de Moody’s », souligne le cabinet Dolimont.
Et de préciser qu’en passant de A3 à Baa1, la note wallonne entre désormais dans la catégorie des notes dite de « qualité de crédit moyenne inférieure ».
Ph. Law.
(Le ministre-président wallon, Adrien Dolimont/MR, et son homologue du gouvernement de la Commaunuaté française, Elisabeth Degryse/Les Engagés. Crédit photo : BELGA)
