Covid-19 : il est temps de faire sauter le Covid Safe Ticket

Journaliste – Rédacteur en chef.
Le convoi des Libertés rassemble non seulement des opposants au vaccins, mais des citoyens en détresse et ayant du mal à joindre les deux bouts. bePress Photo Agency / DLLes responsables politiques du pays sont attendus au tournant lors du Comité de concertation (Codeco) du vendredi 4 mars prochain. Au vu de la situation sanitaire qui s’améliore depuis des semaines, compte tenu du fait qu’on peut aisément soutenir aujourd’hui que nous sommes quasiment arrivés à une immunité collective, continuer à imposer la présentation du Covid Safe Ticket (CST) à la population et les restrictions de liberté qui en découlent ne serait pas compréhensible. Il est donc temps de dire adieu à ce sésame et de laisser la population recouvrer sa liberté d’action et de mouvement. La Justice a vu juste en estimant mardi que le CST wallon ne se justifie plus.
Ce serait aussi mentir aujourd’hui que d’affirmer que les consignes, naguère imposées aux acteurs économiques, culturels et à la population en général, sont encore scrupuleusement observées. Par ailleurs, l’invasion de l’Ukraine par la Russie et les conséquences de ce conflit sur le quotidien des citoyens en Belgique (et en Europe) ainsi que la souffrance des victimes de la guerre et les dégâts causés sur place ont rapidement relégué au second plan la crise sanitaire. De plus, on ne peut pas dire que les assouplissements décrétés, il y a plus de deux semaines (abandon des heures de fermeture imposées aux restaurateurs, levée des limitations du nombre de personnes présentes lors des achats dans les magasins, réouverture des clubs et des discothèques, allègement du télétravail devenu non-obligatoire, etc.), ont entraîné une augmentation spectaculaire des contaminations ou un débordement des unités de soins intensifs dans les hôpitaux belges. Au contraire, les paramètres n’ont cessé de s’améliorer. En ce qui concerne le monde l’enseignement, il faudrait penser aussi à étendre au plus grands la levée de l’obligation du port du masque dont bénéficient désormais les enfants de 6 à 12 ans.
La crise sanitaire a aussi montré que les citoyens gardent leur capacité d’indignation et de révolte devant des mesures susceptibles de brimer leurs libertés.
Mais il faut reconnaître que la pandémie du Covid-19 et les différentes mesures prises pour la contrer ont entraîné un changement dans les habitudes de la population. A titre d’exemple, les citoyens ont notamment compris, si besoin en était encore, que les contacts sociaux sont vitaux et indispensables à leur équilibre psychologique et à leur bien-être. Ils sont à préserver tant dans le milieu scolaire, professionnel que dans nos foyers. La crise sanitaire a montré que des secteurs comme celui des hôpitaux ou encore de la culture qui étaient jadis, soit soumis à des économies, soit considérés des variables d’ajustement devraient plutôt faire partie des priorités. La crise sanitaire nous a surtout enseigné qu’il nous faut revoir le sens des priorités. Elle a accéléré le processus de digitalisation dans les entreprises et montré aussi qu’il faut tout faire pour combler les « zones blanches » où les connexions Internet sont lentes, voire inexistantes.
Mais la crise sanitaire a aussi montré que les citoyens gardent leur capacité d’indignation et de révolte devant des mesures susceptibles de brimer leurs libertés. Et surtout qu’ils sont prêts à s’opposer à des mesures qu’ils estiment liberticides, contradictoires et peu documentées.
