EDITO

Energie : c’est maintenant qu’il faut aider les entreprises

Les transmissions d'entreprises retrouvent des couleurs en 2022.

Après avoir tergiversé pendant des semaines, le Gouvernement fédéral a annoncé mardi des mesures d’urgence pour aider les ménages belges à faire face à la flambée des prix de l’énergie et de ceux des carburants. Il y a mis les moyens en consacrant pas moins de 1,3 milliard d’euros à l’ensemble des nouvelles mesures visant à alléger la facture des Belges. C’est le troisième paquet de mesures en faveur des citoyens. Au total, c’est une enveloppe de près de trois milliards d’euros que le Fédéral consacre aux trois paquets de mesures urgentes depuis octobre 2021.

Dans ces différents lots de mesures de soutien, le compte n’y est pas encore pour les entreprises belges. Car même si elles ont bénéficié de  gestes importants durant la pandémie de Covid-19 pour leur éviter de mettre la clé sous le paillasson (chômage temporaire, moratoire sur les faillites, forfait pour les indépendants, etc.), la flambée des prix de l’énergie, renforcée aujourd’hui par la guerre en Ukraine les met dans une situation d’extrême fragilité. Dans le troisième paquet de mesures, le Gouvernement fédéral leur garantit spécifiquement le système de chômage pour cause de force majeure due à la guerre en Ukraine pour trois mois à partir du 1er avril. Il est aussi question d’une étude qui sera menée par la Banque nationale de Belgique (en collaboration avec les partenaires sociaux) pour mesurer l’impact de l’augmentation des prix de l’énergie et des matières premières sur leur situation. Les résultats de cette étude sont annoncés pour fin avril.

L’échéance de fin avril 2022 est encore trop éloignée pour les entreprises. C’est maintenant que les entreprises ont besoins du soutien des autorités et pas dans trois mois, ni dans six mois.

Mais cette échéance est encore trop éloignée pour les entreprises. Car c’est maintenant que les entreprises ont besoin du soutien des autorités et pas dans trois mois, ni dans six mois. Car une fois que les résultats de l’étude de la BNB seront délivrés, il faudra ensuite s’atteler à leur analyse, discuter des pistes de soutien, les valider et puis lancer leur implémentation. Tout ce processus risque de prendre plusieurs semaines, voire quelques mois. Mais le temps est compté pour les entreprises et certaines d’entre elles sont désormais sur le fil du rasoir et ne pourront s’offrir le luxe de patienter encore des mois.

L’échéance de fin avril pour la livraison des résultats de l’étude de la Banque nationale est tout simplement trop éloignée. Il faut non seulement des mesures urgentes pour le très court terme, mais des mesures pour le long terme aussi s’imposent, notamment sur la question énergétique. En Wallonie, les autorités régionales doivent aussi se mettre aux côtés des entreprises, car ce sont elles qui créent, in fine, la richesse économique avec les travailleurs. En les aidant à assurer leur pérennité, c’est de facto les travailleurs qui vont en bénéficier. Les mesures de soutien doivent également être ciblées, notamment par secteur, pour garantir leur efficacité.