ENERGIE

Nucléaire: l’ancienne ministre Marghem veut prolonger Tihange 3 et Doel 4 de 18 ans et 20 ans

L'ancienne ministre de l'Energie, Marie-Christine Marghem charge la ministre Tinne Van der Straeten (Groen) qu'elle traite de menteuse. D.R.

Dans le texte de loi qui vient d’être pris en considération par le Parlement, Marie-Christine Marghem (MR) propose d’éteindre les réacteurs Tihange 3 et Doel 4 respectivement en 2043 et 2045 au lieu de 2025 prévu initialement. L’ex-ministre de l’Energie veut aussi rallonger de 10 ans la durée d’exploitation de Tihange 1 et de Doel 1 et 2 après avis de l’Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN). En contrepartie de ces prolongations, elle fixe une redevance annuelle de 40 millions d’euros pour chacun des trois réacteurs (Tihange 1, Doel 4, Tihange 3) et 20 millions pour les deux derniers (Doel 1 et 2). Elle va donc plus loin que le projet de loi de sa successeure, Tinne Van der Straeten (Groen) qui a fait valider en conseil des ministres une prolongation de 10 ans pour Doel 4 et Tihange 3. La ministre Van der Straeten offre deux ans supplémentaires à Doel 4 et Tihange 3 (désactivation en 2037) en cas de retard de l'enquête environnementale. La députée Marghem veut aussi couler, dans une loi, le stockage en couche géologique des déchets retraités.

Même si le conseil des ministres a validé, en première lecture, le projet de loi de la ministre de l’Energie, Tinne Van der Straeten (Groen) ouvrant la voie à une prolongation du nucléaire en Belgique, il reste encore du chemin à faire. Et d’après des observateurs, il faudra franchir quelques obstacles avant l’aboutissement du processus. En consultant le projet de loi de la ministre Van der Straeten, il apparaît que celui-ci est très minimaliste et se borne juste à acter la « désactivation » des réacteurs nucléaires Doel 4 et Tihange 3 au plus tard au 31 décembre 2035, au lieu de 2025 comme convenu dans la loi du 31 janvier 2003.

Mais selon nos informations, rien ne sera fait avant l’enquête environnementale qui doit durer 18 mois et pour laquelle la ministre Van der Straeten a déjà prévu différents budgets pour la financer (un million d’euros pour le marché public devant confier une mission de coordination au centre de Mol, SCK-CEN, 98.000 euros pour l’engagement de personnel supplémentaire à la DG Energie et 50.000 euros pour un autre poste). Dans la note au gouvernement, elle offre deux ans de rabiot (désactivation en 2037 au lieu de 2035) aux deux réacteurs au cas où l’enquête environnementale viendrait à prendre du retard, mais son projet de loi ne reprend nulle part cette échéance, ni une modification de l’article 3 de la loi du 31 janvier 2003 interdisant la fission nucléaire alors que le Gouvernement fédéral a décidé le 23 décembre dernier d’investir 100 millions d’euros dans le nucléaire du futur…

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