« La vie est une invention perverse, mal conçue et encore plus mal exécutée », se lamente Toni, le héros du dernier opus de l’auteur espagnol Fernando Aramburu intitulé « Los vencejos » (Les martinets). Ce nouveau roman marque le grand retour du romancier, résident allemand, depuis son succès Patria, écoulé en 2016 à 1,5 millions d’exemplaires et publié en français chez Actes Sud. Dans « Los vencejos » évoque à travers pas moins de 700 pages ! sans complaisance les « tribulations sociales et politiques espagnoles dont le renversement du gouvernement Rajoy, ou le mouvement des Indignés. Sans langue de bois, ce roman invite à la réflexion autant qu’à une longue détente. Comme dans Patria, il y est question de terrorisme et de l’ETA. Mais le monde a changé… Que ce soit l’un ou l’autre roman, on vous convie à découvrir cet écrivain battant, avec brio, la plume hors des sentiers battus.
Dans « Los vencejos » , Fernando Aramburu fait preuve d’audace et de liberté d’expression, celle qu’on tend à apprécier.
Le pitch : A 54 ans, Toni est un professeur de philosophie atterré par la médiocrité de ses élèves, quitté par sa femme et déçu par son idiot de fils, Nicolás, qui s’est fait tatouer une croix gammée sur le bras. Quand son meilleur ami lui annonce qu’il votera pour l’extrême droite aux prochaines élections, la coupe est pleine : il décide de mettre fin à ses jours dans l’année, précisément dans exactement un an. D’ici là, il tient un journal dans lequel il consigne ses souvenirs et égratigne ses contemporains.
D’entrée de jeu, on plonge dans ce roman publié pour l’heure uniquement en espagnol, Fernando Aramburu ne se soucie guère du politiquement correct. Le roman évoque sans complaisance les « tribulations sociales et politiques espagnoles : le renversement du gouvernement Rajoy ou le procès des indépendantistes catalans. On en a pour son argent, c’est certain. Il n’empêche me direz-vous, il faut pour l’heure, maitriser la langue de la péninsule ibérique.
Qu’à cela ne tienne, en attendant, l’édition traduite, découvrez cet auteur contemporain singulier à travers son dernier succès traduit Patria, véritable phénomène littéraire, publié chez Actes Sud.
L’auteur n’y va pas de main morte et y aborde l’ETA et les blessures du terrorisme à travers l’histoire de deux familles basques que l’organisation indépendantiste va déchirer. Patria apparait comme un Magistral portrait romanesque, sociologique et historique d’une époque et d’un pays.
Patria, le pitch : Miren et Bittori sont originaires du même village et amies de toujours. Elles se marient en 1963, l’une avec un ouvrier, l’autre avec le Txato, chef d’une petite entreprise de transport. A leur tour, leurs époux se réunissent autour du vélo, des parties de cartes et des repas de village. Lorsque Joxe Mari, l’un des fils de Miren, s’engage dans l’action armée nationaliste, sa mère prend d’instinct sa défense, tandis que des graffitis malveillants et des menaces visent le Txato, jusqu’à son assassinat en pleine rue de quatre balles dans le dos.
Alors qu’en 2010 l’ETA annonce le dépôt des armes, Bittori, qui habite désormais à Saint Sébastien où est enterré son mari, multiplie les allées et venues entre le cimetière et le village, déterminée à découvrir la vérité sur le meurtre du Txato et à obtenir la demande de pardon du fils de son ancienne meilleure amie qui croupit en prison.
Patria se laisse lire pour mieux séduire à chaque page au travers de courts chapitres. Alternant les points de vue et les temporalités avec une fluidité remarquable, le roman trace un panorama représentatif d’une société soumise à la terreur que l’on connaît si mal de ce côté-ci de l’Europe. L’idéologie séparatiste gangrène le village jusqu’à l’intérieur des familles, même l’Eglise y passe. Prisonniers de cette violence, meurtris dans leur chair et dans leur âme, les personnages aux caractères bien trempés sont soumis à la peur, à la souffrance et à l’omerta.
Dans Patria, roman au succès international, publié en 2016 et traduit en 2018, Fernando Aramburu sonde les consciences de ses héros et donne une voix aux membres des deux familles déchirées. Sorte de Romeo et Juliette basque, le terrorisme comme toile de fond. La grande Histoire se mêle aux petites histoires de famille, celle du village, celles des voisins et entraine le lecteur dans une saga familiale et locale intense, sincère; un roman quasi national où on sent battre le cœur d’une Espagne qui saigne tout en donnant à lire l’évolution de notre société…pré Covid oblige. Une saga telle une fresque où l’amour filial, l’amour passion et le pardon invitent le lecteur à la réflexion personnelle.
Prix national de littérature narrative en 2017, Fernando Aramburu, l’ancien prof d’espagnol, né à San Sebastian, a touché littérairement à tout. Essai, roman, nouvelles ; il collabore régulièrement aussi pour la presse espagnole et ses romans ont été traduits dans plusieurs langues. Installé en Allemagne depuis plus de trente ans, ces ouvrages abordent le plus souvent des sujets authentiques comme ce recueil de nouvelles Les poissons de l’amertume (Los peces de la amargura), publié en 2006 dans lequel il aborde les ravages causés par le groupe terroriste ETA, encore lui.
En 2009, il abandonne son poste de professeur pour se consacrer entièrement à la création littéraire et obtient en 2011 le prix Tusquets pour son roman Années lentes (Años lentos).
Publié en 2016, Patria, surfe sur les pages de son roman précédent, Les poissons de l’amertume, en abordant le sujet du terrorisme de l’ETA et le Pays basque. Cet ouvrage traduit de nombreuses langues a obtenu de nombreux prix dont le Prix national de littérature narrative ou le Prix Euskadi – Littérature en langue espagnole 2017. Traduit par Claude Breton, Patria est à découvrir en français, chez Actes Sud, 2018
On vous invite vivement à découvrir cet auteur à travers cet ouvrage hors norme… avant de vous laisser séduire, qui sait, par Les Martinets, une fois traduit. A moins que vous ne soyez de ceux, plus audacieux, à vous lancer dans l’ouvrage original.
Qu’elle que soit la version, lisez Fernando Aramburu.
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