A l’approche du premier tour de la présidentielle, les différents candidats brandissent à tour de rôle la bonne raison de voter pour eux. Le communiste Fabien Roussel et l’écologiste Yannick Jadot parlent de « vote efficace ». Éric Zemmour se pose en candidat du « vote vital ». Marine Le Pen brandit le « vote patriotique ». Les républicains souligne l’urgence d’un « vote barrage ». Quant à Jean-Luc Mélenchon, il invite à un « vote utile ». Selon une étude de la Fondation Jean Jaurès, pour contrer l’extrême droite, de nombreux électeurs de gauche s’apprêtent à voter en faveur d’Emmanuel Macron au premier tour de la présidentielle.
C’est la stratégie de Jean-Luc Mélenchon, mais pas seulement. Selon une étude réalisée par la Fondation Jean Jaurès (Link vers : https://www.jean-jaures.org/publication/presidentielle-2022-a-gauche-la-tentation-du-vote-utile), 54% des sympathisants du PS affirment qu’ils pourraient envisager de donner leur voix au président sortant.
C’est aussi le cas de 38% des sympathisants d’Europe Ecologie les Verts et de 25% de ceux de la France Insoumise. Et quand on leur demande quelle en est la raison, beaucoup répondent : « pour contrer l’extrême droite, il vaut quand même mieux conserver Macron qu’avoir Le Pen ou Zemmour ». Le « vote utile » est un choix stratégique. Il consiste à désigner, non pas le candidat que l’on préfère, mais celui que l’on déteste le moins. Au second tour, il sert à empêcher la victoire du candidat redouté.
Ce terme apparaît pour la première fois lors de l’élection présidentielle de 1969. Le Parti Communiste (PC) appelait à l’époque au « vote utile » pour son candidat, Jacques Duclos, que le PC croit en meilleure position pour affronter Georges Pompidou, finalement élu.
C’est en 2002 que le terme émerge réellement. Lionel Jospin, candidat du Parti Socialiste et favori pour l’emporter, est éliminé dès le premier tour, à la faveur de Jean-Marie Le Pen.
Lionel Jospin affirme que, si les autres candidats de la gauche avaient voté pour lui, il serait passé au second tour. Le vote utile s’est alors exprimé pleinement en faveur de Jacques Chirac face à Jean-Marie Le Pen. C’est aussi le vote utile qui a permis de créer un « front républicain » qui a empêché, jusqu’à présent, à l’extrême droite de gagner la Présidentielle.
Face à la présence d’un candidat d’extrême droite au second tour d’une présidentielle, la tradition veut que les perdants, de droite comme de gauche, appellent à pour le candidat républicain, soit contre le Front national, devenu Rassemblement national, considéré par ceux-ci comme un parti d’opposition au régime républicain. Le concept est au moins aussi vieux que la Vème République et ressort à chaque scrutin.
Le principe remonte aux années 50, et a recouvert, depuis, plusieurs sens. En 1955, le « front républicain » émerge contre le poujadisme et la guerre d’Algérie. Au début des années 80, l’ennemi, c’est le communisme. Fin des années 1980, c’est Jean-Marie Le Pen qui commence à inquiéter.
« Le vieux front républicain tout pourri, dont plus personne ne veut, que les Français ont dégagé avec une violence rare, essaie de se coaliser autour d’Emmanuel Macron. J’ai presque envie de dire tant mieux ! »
La phrase est de Marine Le Pen, en visite à Rouvroy (Pas-de-Calais), en 2017, au lendemain de sa qualification pour le second tour de la présidentielle.
La tendance se confirme en 2022. Face à Marine Le Pen et l’extrême droite, le front républicain ne tient plus. Pour une majorité de Français, le scénario d’une victoire de Marine Le Pen n’a plus rien d’impossible.
En l’état, au second tour, ils seraient désormais plus nombreux à se déplacer pour faire barrage à Emmanuel Macron, plutôt qu’à la candidate d’extrême droite. Les analyses des reports de voix entre le premier et le second tour confirme cette tendance : les électeurs Zemmour voteraient bien Marine Le Pen comme un seul homme (72 % pour Marine Le Pen contre 9 % en faveur d’Emmanuel Macron et 19 % d’abstention).
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