Dimanche 10 avril, les jeunes électeurs ont voté principalement pour La France Insoumise, tandis que les retraités ont soutenu le président sortant Emmanuel Macron, Marine Le Pen l’emportant dans les tranches d’âge entre 25 et 49 ans. Toutefois, la nouvelle génération a été majoritairement absente aux urnes. Cette sociologie du vote au premier tour de l’élection présidentielle correspond aux constats posés il y a cinq ans : l’abstention est désormais le premier parti des 18-25 ans. En revanche, ceux qui ont voté ont permis la percée de Jean-Luc Mélenchon avec sa promesse faite qu’ « un autre monde est possible ».
Selon un sondage Harris Interactive, 34,8 % des 18-24 ans ont voté pour Jean-Luc Mélenchon alors qu’Emmanuel Macron a récolté 37,5 % des suffrages des plus de 65 ans. Marine Le Pen arrive en tête chez les 25-34 ans (30%) et les 35-49 ans (28,8%). Ce sont les 60-69 ans qui se sont le plus mobilisés pour aller voter (88 %). À l’inverse, les jeunes ont encore plus boudé les urnes qu’au scrutin de 2017 : 42 % des 18-24 ans et 46 % des 25-34 ans se sont abstenus, bien au-dessus de la moyenne globale (26,3 %).
Parmi les trois grands candidats qui ont fait le plein de voix au premier tour de l’élection présidentielle, c’est celui qui ne s’est pas qualifié au second tour qui est arrivé en tête chez les 18-34 ans. Le candidat de l’Union populaire a en effet rassemblé 31 % des bulletins des 18-24 ans et 34 % des 25-34 ans, passant devant Marine Le Pen sur ces mêmes tranches d’âge. Ce vote des jeunes pour les extrêmes n’est pas tout à fait nouveau, à la différence qu’en 2017 les jeunes avaient d’abord plébiscité Marine Le Pen, devant Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron en troisième position.
Traditionnellement, l’âge n’est pas vu comme le plus grand marqueur de vote. La catégorie socio-professionnelle (CSP), le diplôme et le lieu d’habitation sont de nature à davantage influencer le vote, selon les analystes. Ainsi, Emmanuel Macron a remporté de nombreuses voix chez les plus diplômés (37% chez les Bac+5 ou plus) tandis que Marine Le Pen a capté 34% des votes des moins diplômés (inférieur au bac). Chez les jeunes, cependant, cette logique ne s’est pas imposée. Les plus diplômés (bac+5 ou plus) ont voté d’abord pour le candidat LFI (37%), loin devant le président sortant (28%) et la candidate RN (10%).
42% des 18-24 ans et 46% des 25-34 ans se sont abstenus, soit 40% des moins de 34 ans. En 2017, au premier tour, ils étaient environ 30%, soit dix points de moins. A l’analyse, non que la chose politique ne les intéresse pas. Les jeunes savent situer les enjeux actuels. Mais, selon divers sondages d’opinions, ils ne se reconnaissent plus dans l’offre politique et l’engagement ne passe pas forcément par l’adhésion à un parti. C’est une génération très engagée, mais très peu intéressée par la chose publique. Les politologues parlent d’une crise de la représentativité.
Les jeunes ont ainsi développé leurs propres modes d’actions : le boycott militant, loin devant le partage sur les réseaux sociaux et la manifestation. Le vote n’en fait plus partie. Contrairement aux générations précédentes, la nouvelle génération ne se retrouve pas dans ce devoir. Aller dans l’isoloir était, il y a encore dix ans, un moment fort. Pour ces jeunes, ce n’est plus un moment républicain.
Comme dans les autres tranches d’âge, le pouvoir d’achat est le thème qui a le plus compté dans le choix du candidat pour les moins de 35 ans (54%), avec un écart important entre les 25-34 ans (59%) et les 18-24 ans (45%).
Le 2ème thème qui a le plus compté est l’environnement/l’écologie (28%), un chiffre beaucoup plus élevé que dans les autres tranches d’âge (13%-19%).
Voter utile, blanc, nul ou s’abstenir, le choix est au second tour cornélien pour les 18-34 ans. Selon l’institut Ifop, parmi les votants, Marine Le Pen serait majoritaire chez les moins de 35 ans, tandis qu’Emmanuel Macron s’imposerait chez les électeurs plus âgés.
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