LITTERATURE

« Connemara », un hymne populaire et le titre d’un roman noir et social à savourer

« Connemara », le dernier ouvrage de Nicolas Mathieu, qui remportait, en 2018, le Goncourt pour « Nos enfants après eux », dresse cette fois le portrait d’Hélène et Christophe. Tous deux quadragénaires, issus de la classe moyenne et originaires d’un village du Nord où il y a si peu à rêver mais pourtant, il faut vivre. L’auteur y décline sa règle de trois : une histoire de classe, un roman noir, du politique. Un roman contemporain qui bouscule et rappelle à l’ordre celles et ceux qui privilégient le cadre au fond, le calcul au temps. Une façon aussi pour l’auteur de régler ses comptes avec la vie et la détestable politique des castes. Une plongée dans la France moyenne qui n'est plus celle d'en bas mais qui rêve encore d'autre chose.

A l’instar d’un sociologue qu’il n’est pas, Nicolas Mathieu peut désormais se targuer, d’être le romancier de la classe sociale, celle de l’entre-deux qui a grandi dans des pavillons de banlieue, ceux-là mêmes qui en font toujours rêver plus d’un. A l’instar d’un journaliste plutôt, l’auteur aborde ce qu'il connaît, ce qu'il voit, d'où il vient. Par conséquent, il ressort de la lecture de ce roman une certaine authenticité d’un milieu à part entière. Celle aussi des fans du succès populaire de Michel Sardou à moins que cela ne soit qu'un prétexte pour être certain d'être entendu.

Et le temps passe...

« Connemara » touche un peu trop à tout et tire un rien en longueur. Nicolas Mathieu entend traiter un peu de tout parmi les phénomènes sociétales, de bas en haut, avec brio, mais au risque de se perdre. Le couple, la famille, les maisons de retraite, le monde du consulting et des tableaux Excel, la France des périphéries, l’adolescence, la crise de la quarantaine, la fin de vie, le corps qui change, le sexe, les élections…

Mais ce que l’on aime dans son écriture ponctuée d’anglicisme contemporain c’est qu’à la manière d’un Goldman, il rédige tel un observateur averti et avec une extrême justesse la vie de ses contemporains en proposant un roman intime et social à la fois, inspiré du temps qui passe et ne revient jamais. Le temps, ce foutu temps est présent tout au long du roman et à travers les allers-retours de ses personnages, très justes eux aussi, dans le miroir du passé. Tout le monde s'y retrouvera ou presque. On a tous, un jour ou l'autre penser tout ça.

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