Santé

Hepatite d’origine inconnue : au moins 169 cas dans onze pays


Etats-Unis, Espagne, Israël, Allemagne, es dernières semaines, plusieurs pays ont déclaré des cas d’hépatites infantiles aigües dont l’origine reste inconnue et le nombre de contaminations ne cesse de croitre au fil des jours. Dans son dernier point, samedi 23 avril, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) annonce que la plupart des contaminations ont été déclarées chez des enfants au Royaume-Uni. La Belgique recense un cas. L’organisation, qui n’a pas encore identifié la cause de ces hépatites, attend les résultats de nouvelles analyses.

En date du 21 avril 2022, au moins 169 cas d’hépatite aiguë d’origine inconnue ont été signalés dans 11 pays de la Région européenne de l’OMS et dans un pays de la Région des Amériques de l’OMS (figure 1). Des cas ont été signalés au Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord (Royaume-Uni) (114), en Espagne (13), en Israël (12), aux États-Unis d’Amérique (9), au Danemark (6), en Irlande (5), aux Pays-Bas (4), en Italie (4), en Norvège (2), en France (2), en Roumanie (1) et en Belgique (1) selon le rapport publié par l’OMS ce samedi (Link vers : https://www.who.int/emergencies/disease-outbreak-news/item/multi-country-acute-severe-hepatitis-of-unknown-origin-in-children)

Au moins un décès

Les patients sont tous âgés de moins de seize ans  Sur les 169 cas rapportés, 17 ont nécessité une transplantation du foie. « Au moins un décès a été rapporté », note également le rapport sans donner davantage de précisions. L’OMS tente d’apporter des pistes de réflexion sur les possibles origines de cette hépatite. Elle indique que dans au moins 74 des cas rapportés, l’adénovirus, une famille de virus très courants chez les enfants, a été détecté.

Quelles hypothèses ?

Il demeure toutefois que ces adénovirus ne provoquent généralement pas d’hépatite. Si l’hypothèse d’un lien avec la vaccination contre le Covid a pu être écartée, l’OMS souligne en revanche que « le SRAS-CoV-2 a été identifié dans 20 cas parmi ceux qui ont été testés. De plus, 19 ont été détectés avec une co-infection par le SRAS-CoV-2 et l’adénovirus ».

L’OMS, qui reconnaît que l’adénovirus peut être une piste d’explication de ces hépatites, souligne en revanche que ces virus (il en existe 50 différents) provoquent généralement plutôt des affections respiratoires. L’adénovirus 41 semble intéresser tout particulièrement l’OMS. « Il se présente généralement sous la forme de diarrhée, de vomissements et de fièvre, souvent accompagnés de symptômes respiratoires », détaille le rapport, qui note que si des « rapports de cas d’hépatite chez des enfants immunodéprimés atteints d’une affection à adénovirus » ont pu avoir lieu, celui-ci n’est pas connu pour être responsable d’une hépatite chez des enfants en bonne santé.

Un nouvel adénovirus émergent à cause du Covid ?

Autre piste, soulevée par l’OMS, celle de l’émergence d’un nouveau type d’adénovirus. « Des facteurs tels qu’une sensibilité accrue chez les jeunes enfants suite à un niveau de circulation plus faible de l’adénovirus pendant la pandémie de Covid-19, l’émergence potentielle d’un nouvel adénovirus, ainsi que la co-infection par le SRAS-CoV-2, doivent être davantage étudiés », indique le rapport. Le passage du Covid-19 pourrait ainsi avoir aggravé le système immunitaire des enfants, favorisant l’apparition de cette hépatite. Après les confinements, les enfants auraient été plus fragilisés par les adénovirus car bien moins exposés durant cette période inédite.

Les conseils de l’OMS

Cette théorie ne doit pas exclure d’autres explications « infectieuses et non infectieuses », prévient l’OMS qui s’attend à une hausse des signalements, en raison de la vigilance sanitaire lancée depuis plusieurs jours autour de ces cas afin que des mesures de contrôle et de prévention plus spécifiques puissent être mises en œuvre.

En attendant, l’OMS qui indique travailler étroitement avec le Royaume-Uni, principal foyer de cette épidémie. Pour l’institution spécialisée, la priorité est de déterminer la cause de ces cas pour affiner encore les actions de contrôle et de prévention. Les mesures de prévention courantes contre l’adénovirus et d’autres infections courantes impliquent le lavage régulier des mains et l’hygiène respiratoire. L’OMS recommande également que des analyses de sang, de sérum, d’urine, de selles et d’échantillons respiratoires, ainsi que des échantillons de biopsie du foie soient réalisées pour affiner les enquêtes en cours.


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