Macron réélu, mais le plus dur reste à faire

Journaliste – Rédacteur en chef.
Le président Emmanuel Macron, arrivant, dimanche 24 avril, sur le Champ de Mars, au soir de sa réélection. AFPLe second tour des élections présidentielles a livré dimanche 24 avril, peu après 20h, son verdict : le président sortant Emmanuel Macron, candidat de La République En Marche (LREM) est réélu avec 58,55% des voix contre 41,45% pour Marine Le Pen, candidate du Rassemblement National (RN). C’est la joie dans le camp des vainqueurs, dont le leader, tenant fermement la main de son épouse, Brigitte Macron, a fait une entrée remarquée sur le Champ de Mars dans une mise en scène ressemblant à une publicité de Benetton avec des enfants de toutes les couleurs à ses côtés. Dans le même temps, le camp d’en face, les partisans du Rassemblement National tentaient de digérer leur déception.
Mais les résultats de ce second tour, offrant un nouveau bail de 5 ans au plus jeune président de la Cinquième République (lors de son élection en 2017), ont un goût amer et il n’y a pas de quoi fanfaronner, ni exulter de joie. Car il y a 5 ans, Emmanuel Macron promettait de faire reculer les plus extrêmes, il n’a pas réussi ce challenge. Ceux-ci, tant à l’extrême droite qu’à l’extrême gauche ont amélioré leur score. Et la France est plus fracturée que jamais.
Les résultats de ce second tour, offrant un nouveau bail de 5 ans au plus jeune président de la Cinquième République (lors de son élection en 2017), ont un goût amer et il n’y a pas de quoi fanfaronner, ni exulter de joie.
Certes, le président réélu a indiqué qu’il n’est plus le candidat d’un camp, mais le président de tous les Français, mais la mission qui l’attend durant le nouveau quinquennat est de taille. D’ici les élections législatives de la mi-juin, il devra commencer à poser des actes pour éviter de se retrouver aux lendemains du scrutin à gouverner le pays dans une cohabitation imposée par les électeurs. Le délai est court certes, mais il devra mettre de l’eau dans son vin et adopter une réelle attitude co-création en se montrant beaucoup plus à l’écoute des aspirations des Français. Mais durant les 5 prochaines années à venir, il doit garder en tête que son élection est davantage le résultat d’un vote visant à barrer la route à l’extrême droite qu’une réelle adhésion au programme qu’il a exposé durant la campagne ou encore la manifestation d’une satisfaction sans réserve devant le bilan des cinq années passées avec lui. Car les résultats, non seulement pour le premier tour, mais aussi ceux du second tour, marqués par une abstention record de 28%, révèlent que nombre de Français éprouvent à son égard détestation et défiance.
Il doit trouver un moyen pour se connecter aux jeunes dont une grande partie a voté pour Jean-Luc Mélenchon, le candidat de l’Union populaire lors du premier tour. Il doit les convaincre notamment que la question écologique et de la lutte contre le réchauffement climatique fait partie de ses priorités et que ce point n’est pas juste un enrichissement cosmétique de son programme. Il faut leur offrir davantage de perspectives afin qu’ils puissent voir l’avenir avec plus d’optimisme. Sur la réforme de la pension, ne serait-ce pas mieux de réfléchir à une retraite à la carte plutôt que d’imposer des mesures linéaires qui ne correspondent plus aux évolutions de carrière des uns et des autres ?
Durant les 5 prochaines années à venir, Emmanuel Macron doit garder en tête que son élection est davantage le résultat d’un vote visant à barrer la route à l’extrême droite qu’une réelle adhésion au programme qu’il a exposé durant la campagne.
La question du pouvoir d’achat est cardinale, car l’inflation qui touche les parents finit par impacter les jeunes. Il faut donc trouver des solutions qui permettront d’éviter une progression de la pauvreté et de sauvegarder la classe moyenne qui disparaît progressivement. Il faut prêter davantage attention à la France rurale et faire en sorte que l’Europe apporte de réelles solutions aux problèmes des citoyens.
Les chantiers sont donc nombreux et le président Macron doit les aborder avec méthode en faisant preuve de pédagogie pour ne pas décevoir dans le même temps le camp qui l’a soutenu jusqu’à présent. A défaut d’utiliser son second quinquennat pour redonner confiance aux citoyens en ne balayant pas d’un revers de main des problèmes soulevés par les extrêmes, la France risque de se réveiller dans cinq ans avec un (e) président(e) aux idées à l’opposé du vivre ensemble.
