POLITIQUE

Etudiants en médecine : « le quota fixé réduira de 30% le nombre de médecins francophones»

Soulagement crispé pour les étudiants en médecine. Le gouvernement fédéral validait hier un accord dit historique, conclu avec la Flandre et la Fédération Wallonie-Bruxelles sur l’octroi futur des numéros Inami. A partir de 2023, l’examen d’entrée aux études de médecine deviendra un Concours d’entrée limité à 744 lauréats qui bénéficieront d’office d’un numéro Inami une fois diplômés et donc à terme, de la possibilité d’exercer leur profession. Pour Catherine Fonck, si la garantie des numéros Inami est une victoire, la limitation à 744 étudiants au Concours d’entrée ne reflète ni la réalité des besoins à long terme, ni celles du nombre d’inscrits jusqu’ici à l’examen d’entrée des universités francophones. La députée fédérale regrette que les difficultés du secteur médical rencontrées durant la pandémie semblent déjà avoir été oubliées.

Enfin un accord que la garantie d’octroi d’un numéro Inami pour tous les étudiants en médecine engagés dans le cursus et pour ceux qui suivront. En février dernier, 350 étudiants en médecine se mobilisaient pour manifester contre l’article 69 d’un projet de loi fédéral l’accès aux numéros INAMI et limitant ainsi le nombre de futurs médecins. Près de 7000 signatures avaient été obtenues suite à la pétition lancée Le Comité Inter-Universitaire des étudiants en Médecine et en dentisterie (CIUM). Ils répétaient alors que le système de quotas mis en place depuis quelques années était un problème majeur de santé publique et joue un rôle important dans le déclin progressif des soins de santé.

Garantir l’offre médicale et la planifier

Le nouvel accord supprime donc l’article 69 mais prévoit également qu’à partir de 2023, suite à l’instauration d’un Concours d’entrée (numerus fixus) en lieu et place de l’examen d’entrée actuelle, le nombre d'étudiants admis audit Concours soit limité en première année à 744 étudiants. Le nouvel accord prévoit d’ores et déjà un nouveau calcul du quota de numéros Inami à l’horizon 2028 tenant compte des besoins du terrain. D’ici-là, les étudiants excédentaires qui sortiront avec réussite avant 2028 auront la garantie de décrocher le précieux sésame, histoire de remettre les compteurs à zéro avant d’appliquer pleinement les nouvelles règles. Système déjà appliqué par la Flandre depuis plusieurs années.

L'importance et l'imminence de tenir compte de la réalité

« Une planification optimale de l’offre médicale doit garantir que des soins de qualité puissent être dispensés par des professionnels qualifiés dont le nombre est approprié pour répondre aux besoins de la population » ce qui suppose que cette planification indiquée tienne compte à la fois de l’évolution démographique, de l’évolution des besoins de santé de la population, des évolutions de la profession, de l’activité des médecins et de l’organisation des soins elle-même », indique l’introduction de l’accord obtenu.

Catherine Fonck, Député fédéral Les Engagés et ex ministre de la Santé explique sa satisfaction de voir le second verrou mis en place par le fédéral en fin de cursus sauté mais est surprise de voir le quota limité à moins d’étudiants que le nombre d’étudiants actuellement inscrits en médecins dans l’ensemble des universités francophones du pays.

L'urgence face à la pénurie de généraliste et de spécialiste

« En décembre dernier, le gouvernement fédéral était arrivé avec un projet de lois de dispositions diverses et dans ce dernier, il y a avait trois lignes, que j’avais été l’une des rares à remarquer, qui donnait tout pouvoir au fédéral de ne pas donner de numéro Inami aux étudiants hors quota, une fois diplômés », explique Catherine Fonck.
« Pratiquement, le fédéral proposait un mécanisme de deuxième verrou qui était imbuvable pour les étudiants et surtout qui n’avait aucun sens. Cela aurait bloqué les jeunes médecins en fin de cursus alors qu’ils avaient effectué 6 ou 8 ou 9 ans d’études. Je rappelle qu’à côté de cela, on délivre des numéros Inami à tous les médecins venus d’ailleurs et ce sans limite, pour autant que leur diplôme soit reconnus. Là, on s’est battu pour bloquer l’article 69 de ce projet de loi porté par le ministre  de la Santé Vandenbrouck. Néanmoins, avant d’arriver à l’accord d’hier, il faut savoir que ce projet avait été validé à deux reprises par toute la majorité avant qu’on ne parvienne à le stopper suite au renvoi devant le Conseil d’Etat. »
Et de reprendre : « Notre mobilisation a permis de faire barrage, c’était un combat important et celui-là, on l’a gagné ! »

On continue à verrouiller côté francophone et c’est incompréhensible (…) on sort d’une pandémie, certains semblent l’avoir déjà oublié

 

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