L’alliance Ecolo-Groen continue de jouer avec l’indépendance énergétique de la Belgique

Journaliste – Rédacteur en chef.
La ministre de l'Energie, Tinne Van der Straeten (Groen!) et le PM, Alexander De Croo (Open VLD). BELGAPlus de deux mois après avoir décidé de prolonger l’exploitation de deux réacteurs nucléaires (Doel 4 et Tihange 3), les négociations avec l’exploitant des infrastructures à prolonger n’ont pas beaucoup avancé. La ministre de l’Energie, Tinne Van der Straeten (Groen !), ne semble pas montrer un enthousiasme délirant, ni une folle détermination à pousser le dossier. Son attitude donne l’impression qu’elle fait tout ce qu’il faut pour ralentir au maximum le dossier laissant planer une sérieuse menace sur l’indépendance énergétique de la Belgique.
Le dossier de la prolongation du nucléaire a pris énormément du retard, malgré l’activisme de l’exploitant Engie-Electrabel pour attirer l’attention du gouvernement fédéral sur les risques d’une décision qui interviendrait tardivement. Des responsables politiques ont mis la pression pour forcer une décision de prolongation de la durée de vie d’au moins deux réacteurs nucléaires, les plus récents que sont Doel 4 et Tihange 3. Mais la composante verte du gouvernement fédéral (Ecolo-Groen !) a mené, par dogmatisme, une farouche opposition à l’octroi d’une rallonge de dix ans à la production d’électricité d’origine nucléaire.
L’alliance Ecolo-Groen s’est accrochée, jusqu’à la dernière minute, à sa solution de fermeture totale du parc nucléaire belge en 2025 et à son remplacement par des centrales au gaz (et du renouvelable), alors que celles-ci auront comme conséquences l’augmentation des émissions polluantes de la Belgique. Malheureusement, c’est l’invasion de l’Ukraine par la Russie, avec son lot d’innocentes victimes et de réfugiés, qui a forcé la main aux Verts, les obligeant à accepter, du bout des lèvres, ce qui était présenté comme la solution B.
L’alliance Ecolo-Groen s’est accrochée, jusqu’à la dernière minute, à sa solution de fermeture totale du parc nucléaire belge en 2025 et à son remplacement par des centrales au gaz.
L’argument mis en avant est la garantie de l’indépendance énergétique de la Belgique et la volonté de lutter contre une augmentation des tarifs d’énergie. Et pourtant, de nombreuses analyses ont démontré que l’option A (fermeture des centrales nucléaires, construction de centrales au gaz, etc.) allait plonger la Belgique dans une position de dépendance énergétique vis-à-vis de l’étranger, notamment de la Russie, et entraîner une augmentation des prix de l’énergie. Il n’a pas fallu attendre longtemps pour que cette dernière prévision se réalise au grand dam des ménages, confrontés depuis des mois désormais, à une flambée des prix de l’énergie et voyant leur pouvoir d’achat fondre comme neige au soleil.
Aujourd’hui, après avoir perdu du temps pour décider de la prolongation de l’exploitation de deux réacteurs supplémentaires (10 ans de plus jusqu’en 2035), le co-président d’Ecolo, Jean-Marc Nollet indique à la presse que les négociations se passent mal avec Engie-Electrabel. Qui a fait traîner le débat ou joué la montre jusqu’au bout entraînant un retard considérable, lequel place aujourd’hui le producteur d’électricité dans une position de force ? L’alliance Ecolo-Groen et sa ministre de l’Energie, Tinne Van der Straeten, ont une grande responsabilité dans la tournure des événements, même si le gouvernement du libéral Charles Michel (2014-2019 avec dans la majorité le MR, l’Open VLD, le CD&V et la N-VA) aurait dû prendre la décision de prolonger les deux réacteurs.
Qui a fait traîner le débat ou joué la montre jusqu’au bout entraînant un retard considérable, lequel place aujourd’hui le producteur d’électricité dans une position de force ?
Il est plus que temps de mettre les bouchées doubles pour garantir la prolongation de Doel 4 et Tihange 3 et réfléchir à une solution pour la période 2025-2027 durant laquelle le parc nucléaire belge sera en maintenance. Nos gouvernants seraient bien inspirés de plancher également sur la prolongation d’autres réacteurs nucléaires s’ils veulent vraiment garantir l’indépendance énergétique du royaume. A défaut, tant l’économie belge (en l’occurrence les entreprises ayant besoin d’électricité pour fonctionner) que les citoyens risquent de se voir imposer des solutions de délestage. On ne peut pas uniquement compter sur la sobriété, ni sur les gestes éco-responsables des Belges pour pallier le risque d’une pénurie d’électricité.
