Invasion de l’Ukraine : l’Europe impuissante à changer la donne sur le terrain

Journaliste – Rédacteur en chef.
Crédit: Brigitte HASEPlus de 100 jours après l’invasion de l’Ukraine par la Russie, rien n’a pratiquement changé sur le terrain. Les militaires du maître du Kremlin continuent à semer la mort et à commettre des atrocités. Du côté ukrainien aussi, on dénombre des exactions. Le président ukrainien, Volodymyr Zelenski, qui a gagné la guerre médiatique, poursuit sa campagne sur le front diplomatique pour isoler la Russie sur la scène internationale. Mais malheureusement, comme trop de communication tue la communication, les apparitions de l’ancien acteur de télévision, devenu président, commence à entraîner une saturation auprès d’une partie des populations occidentales.
Et pourtant depuis le 24 février, jour de l’invasion, les chiffres font froid dans le dos et suscitent tant l’incompréhension que la révolte : plus de 6,5 millions de réfugiés en dehors du pays dont l’immense majorité sont des femmes et des enfants et dont la majorité ont trouvé assistance en Pologne, pays frontalier de l’Ukraine ; plus de 7 millions de déplacés à l’intérieur de l’Ukraine d’après le Haut-commissariat aux réfugiés (HCR), des millions de morts, etc.
Depuis le 24 février, la Russie est bien mise sur le ban et fait l’objet de sanctions économiques qui se renforcent au fil des jours afin d’assécher son économie.
Depuis le 24 février, la Russie est bien mise sur le ban et fait l’objet de sanctions économiques qui se renforcent au fil des jours afin d’assécher son économie. Les USA ont décrété un embargo sur le gaz et le pétrole russes (dont ils sont peu dépendants). Après des semaines d’intenses discussions pour accorder leurs violons, les Européens ont fini, eux aussi, par prendre la décision de se passer d’une grande partie du pétrole russe afin d’ainsi priver Vladimir Poutine de près de 70 milliards d’euros de recettes que lui rapportent ses exportations de pétrole vers le vieux continent.
Or, les sanctions ne semblent pas avoir un quelconque effet sur Vladimir Poutine. Au contraire. Sur le terrain, il a changé sa stratégie militaire, concentrant ses forces sur les régions séparatistes de l’est de l’Ukraine (Donetsk, Louhansk, etc.). La ville de Marioupol est tombée et d’autres villes de l’est ukrainien risquent de connaître le même sort. Tout laisse à penser que Moscou veut annexer l’est de l’Ukraine avant d’accepter un éventuel cessez-le-feu.
En voulant sauver le peuple ukrainien et son premier soldat, Volodymyr Zelenski, l’Europe a plongé sa population dans le désarroi.
Mais si les sanctions ne semblent pas freiner la détermination de Vladimir Poutine à faire plier son homologue ukrainien, l’invasion russe de l’Ukraine et les mesures de rétorsion du maître du Kremlin ont d’importants effets en Europe (et dans le monde). Les prix des carburants ne cessent d’augmenter, les tarifs d’énergie flambent, de même que les prix des denrées alimentaires. Et des pénuries, notamment de céréales ou d’huile de tournesol, menacent l’Europe. Sans oublier l’inflation qui est à son plus haut niveau depuis 40 ans. En voulant sauver le peuple ukrainien et son premier soldat, Volodymyr Zelenski, l’Europe plonge sa population dans le désarroi. C’est le prix à payer, diront des observateurs. Mais la question est de savoir s’il ne faut pas changer de stratégie vis-à-vis de Vladimir Poutine pour éviter que la situation ne s’empire davantage. Mais laquelle adopter ?
