ENERGIE/MOBILITE

Biocarburants : quand la ministre Tinne Van der Straeten mécontente tout un secteur

L'usine de Biowanze qui produit du carburant renouvelable. BELGA

L’avant-projet de loi de la ministre de l’Energie, Tinne Van der Straeten (Groen) censé assurer la transposition de la directive européenne RED II, laquelle encadre notamment le taux d’incorporation de biocarburants dans les carburants traditionnels des véhicules suscite l’opposition des producteurs de biocarburants et de la Fédération des négociants en combustibles et carburants (Brafco). Pour les uns, il manque d’ambition, ne se limitant qu’à une incorporation de 13,9% d’incorporation de carburant renouvelable, pour d’autres, il risque de mettre en difficulté les entreprises qui utilisent du maïs et du blé non destinés à la consommation pour fabriquer du biocarburant en voulant supprimer les biocarburants de première génération. D’autres dénoncent l’absence de concertation dans l’élaboration du texte et le fait qu’il risque d’imposer une élimination brutale des biocarburants de première génération. L’adoption de la loi dans son état actuel risque de mettre tout un secteur et les emplois qui en dépendent en difficulté. Le texte pourrait être discuté en conseil des ministres restreint ce vendredi 15 juillet.

Après son combat contre le nucléaire ou, à tout le moins, pour en limiter le plus possible son utilisation dans la production de l’électricité, la ministre de l’Energie, Tinne Van der Straeten (Groen) ouvre un autre chantier qui suscite du mécontentement. Elle a élaboré un avant-projet de loi pour assurer la transposition de la directive européenne, RED II, celle qui encadre notamment le taux de l’incorporation des biocarburants dans les carburants traditionnels. Le texte pourrait encore se retrouver sur la table du conseil des ministres restreint de ce vendredi 15 juillet. « Il n’y a pas de confirmation à ce sujet, mais on verra. Il en était question jusqu’il y a peu, mais sa discussion peut encore être reportée vu les nombreux sujets on doit discuter ce vendredi », nous ont confié, jeudi soir, plusieurs sources proches du dossier.

Transposition de la directive RED II : la Belgique en retard

Le cabinet de la ministre Van der Straeten ne dit pas autre chose, il est aussi dans l’incertitude et ne confirme pas à 100% la discussion du texte en kern ce vendredi. S’il est abordé, ce serait la troisième fois  qu’il sera examiné par le Premier ministre, Alexander De Croo (Open VLD) et les vices-Premiers.

Nous sommes contre une telle disposition, car on fait un amalgame et on risque de faire du tort à un secteur qui contribue à réduire les émissions de gaz à effet de serre.

En attendant, le texte est décrié partout, y compris dans les rangs politiques. Le secteur des producteurs de biocaburants est vent debout contre le texte de la ministre écologiste, les uns estimant qu’il manque d’ambition. C’est le cas de la société Neste, un des leaders de la production de biocarburants de deuxième génération. Il utilise notamment les déchets et les résidus. L’entreprise finlandaise, qui dispose d’une bioraffinerie à Rotterdam, a signé un partenariat avec McDo pour récupérer l’huile de friture de l’enseigne américaine pour fabriquer des biocarburants.

La bioraffinerie de l'entreprise finlandaise, Neste, à Rotterdam.

Le bioraffineur estime qu’en se contentant de limiter le taux d’incorporation de biocarburants dans les carburants classiques à 13,9%, le texte de la ministre écologiste manque d’ambition, car celle-ci se limite seulement au taux qu’impose la directive RED II d’ici 2030, or un texte que viennent d’adopter le Conseil et le Parlement européens porte déjà le taux d’incorporation à 29%. La moyenne européenne est aujourd’hui à 20%, l’Espagne aurait un taux d’incorporation de 28%. La Belgique serait à 7%.

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