TRANSPORT AERIEN

Les pilotes accusent Ryanair de refuser toute concession et exposent leurs demandes dans un courrier

AFP

Dans un courrier, daté du 15 juillet, envoyé aux dirigeants de Ryanair, l’association belge des pilotes (BeCa) et la CNE dénoncent des conditions de travail qui empêchent les pilotes de prendre un repos mérité, ce qui représente une menace pour la sécurité. C’est une réponse à la lettre recommandée de Hughes Darrel, directeur des ressources humaines de la compagnie aérienne, envoyée le 13 juillet et qui menace d’un départ définitif de Ryanair de la Belgique. D’après les représentants des pilotes, la convention collective signée par le personnel navigant et qui leur impose une réduction de salaire de 20% a été paraphée sous la menace de lancement d’une procédure Renault visant à réduire les effectifs de 66 personnes. Ils en appellent à la bonne foi de la compagnie pour qu’elle reconnaisse les sacrifices consentis par les pilotes durant les deux années de Covid-19 et restaure au moins les barèmes d’avant la crise sanitaire. Les pilotes ne croient plus tellement en la médiation. Donc, en l’absence de la bonne foi de Ryanair, ils disent n’avoir d’autre moyen de s’exprimer que la grève de ces 23 et 24 juillet 2022.

Rien ne va plus entre Ryanair et son personnel navigant en Belgique et dans d’autres pays d’Europe (Allemagne, Italie, Espagne, France, etc.). Les pilotes belges (et d’autres pays) se croiseront les bras ces 23 et 24 juillet forçant la compagnie aérienne low-cost irlandaise à supprimer près de 80 vols en Belgique. Il y a quelques jours, le 13 juillet 2022, les dirigeants de Ryanair menaçaient les travailleurs belges, qui sont à la pointe de la contestation, de quitter définitivement notre pays, ce qui pourrait entraîner la suppression d’au moins 600 emplois directs (180 pilotes et environ 400 personnels de cabine). La menace de Ryanair n’a pas eu l’effet escompté, car elle n’a fait que renforcer la mobilisation des représentants des pilotes, notamment l’association belge des pilotes, BeCa, et le syndicat chrétien, CNE.

La mobilisation d’aujourd’hui est la conséquence d’une gestion des ressources humaines catastrophique chez Ryanair.

Ryanair ne peut pas quitter la Belgique

Comme ils l’avaient annoncé, la grève aura bien lieu ce week-end des 23 et 24 juillet. « La mobilisation d’aujourd’hui est la conséquence d’une gestion des ressources humaines catastrophique chez Ryanair. Ses dirigeants font tout de travers et ne respectent pas les engagements pris pour se conformer à la législation sociale belge ou traînent les pieds pour le faire. Ils font croire des choses au personnel qui, après vérifications, ne se justifient pas. Ils ont menacé les travailleurs d’initier une procédure Renault, alors qu’ils pouvaient recourir au chômage économique pendant la crise du Covid-19. Mais ils ont imposé aux pilotes une réduction de salaires de 20%. Et pourtant, c’est une belle compagnie aérienne et ses contrats ne sont pas mal », résume Alain Vanalderweireldt, président de la BeCa. « La menace de quitter la Belgique brandie par Ryanair n’est pas nouvelle. Nous en recevons pratiquement une chaque semaine, c’est du bluff. Ryanair ne peut pas quitter la Belgique, la compagnie aérienne a créé un marché tellement puissant et la demande est tellement forte que les dirigeants ne peuvent pas se permettre d’y renoncer. Quitter la Belgique créerait un gros trou dans leurs réseaux de connexions », renchérit Didier Lebbe, permanent syndical à la CNE, responsable du secteur de l’aviation.

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