Energie : l’hiver prochain risque d’être rude

Journaliste – Rédacteur en chef.
Une vue du terminal gazier de Zeebrugge. BELGAAlors que la guerre en Ukraine, déclenchée suite à l’invasion de la Russie, entre dans son sixième mois, la Russie passe à une étape supérieure dans ses mesures de rétorsion contre l’Europe en réduisant de nouveau ses livraisons de gaz au pays européens. Les sanctions économiques et ses corollaires ne semblent pas avoir d’effet sur le maître du Kremlin qui poursuit sa croisade contre Ukraine. Mais la guerre a révélé aux citoyens européens la dépendance de l’Europe vis-à-vis de la Russie en matière d’approvisionnement d’énergie et démontré que l’énergie est un élément de pouvoir ou de pression.
Face à l’attitude de la Russie, les pays européens semblent parler d’une seule et même voix devant la guerre qui se déroule à leurs portes. Vladimir Poutine a réussi une chose : faire découvrir aux responsables européens le sens de la solidarité et de l’entraide, même si certains pays comme la Hongrie ou la Pologne poursuivent d’autres objectifs et font entendre des voix discordantes. L’option des sanctions économiques contre la Russie fait donc quasiment l’unanimité. Mais il y a un prix à payer et la Russie de Poutine le fait sentir avec du chantage à la clé.
Par manque d’anticipation et en se trompant de priorités, les dirigeants européens, les Allemands en tête, ont eu tort d’avoir trop misé sur la Russie et son président, Vladimir Poutine pour leur approvisionnement énergétique.
L’Europe est donc désormais obligée d’imposer aux 27 pays de l’Union de réduire leur demande de gaz naturel de 15%. Même si la décision peut se comprendre dans l’état actuel de la situation (réduire la dépendance vis-à-vis de la Russie), elle démontre que la politique énergétique suivie jusqu’à présent n’était pas la bonne. Par manque d’anticipation et en se trompant de priorités, les dirigeants européens, les Allemands en tête, ont eu tort d’avoir trop misé sur la Russie et son président, Vladimir Poutine pour leur approvisionnement énergétique. Aujourd’hui, ils le paient très cher et sont obligés d’imposer aux citoyens européens la sobriété et dans la précipitation. Et comme on peut le redouter, l’hiver risque d’être rude pour les Européens qui vont devoir accepter de se chauffer moins par solidarité…
Mais la décision de réduction de la consommation de gaz risque d’avoir un impact sur l’économie européenne, car elle va certainement pénaliser les entreprises consommatrices qui vont devoir réduire leur production pour respecter la consigne européenne. Elles vont ainsi s’inscrire dans un cercle vicieux, car une réduction de la production risque d’entraîner une diminution du chiffre d’affaires, puis une adaptation à la baisse des effectifs, avec comme corollaire une augmentation du chômage et une baisse du pouvoir d’achat des Européens, déjà pénalisés par une hausse de la facture énergétique.
La fermeture de nos centrales nucléaires rendra la Belgique dépendante d’autres Etats qui privilégieront d’abord leurs intérêts avant de penser à voler au secours de notre pays pour lui fournir l’électricité manquante.
Du fait de sa position stratégique d’exportatrice de gaz naturel liquéfié vers l’Allemagne et les Pays-Bas via le terminal gazier de Zeebrugge, la Belgique a obtenu une dérogation l’exonérant de l’obligation de réduction de 15% de la consommation de gaz. Mais les prix du gaz vont augmenter. La situation d’aujourd’hui doit faire réfléchir nos dirigeants sur le dossier de l’indépendance énergétique de la Belgique en matière d’électricité. Ils doivent revoir les plans d’extinction des réacteurs nucléaires et ne pas commettre l’erreur des dirigeants européens qui ont rendu le continent trop dépendant de la Russie en matière de gaz. Car, la fermeture de nos centrales nucléaires rendra la Belgique dépendante d’autres Etats qui privilégieront d’abord leurs intérêts avant de penser à voler au secours de notre pays pour lui fournir l’électricité manquante en raison du faible taux de rendement naturel des énergies renouvelables (éolien, solaire, etc.).
