EDITO

Energie : un comité de concertation qui « arrive comme les carabiniers d’Offenbach »

Le Premier ministre Alexander De Croo (Open VLD) au milieu, à sa droite, le Wallon Elio Di Rupo (PS) et sa gauche, le Flamand Jan Jambon (N-VA) à l'issue d'un Codeco anti-Covid-19. BELGA

Après environ deux mois de quasi silence, laissant les ménages belges à leur triste sort face à la facture d’énergie qui ne cesse d’augmenter, le Gouvernement fédéral se penchera sur le dossier ce mercredi lors d’un Comité de concertation (Codeco) qui réunira les principaux ministres de l’exécutif fédéral et leurs homologues des gouvernements régionaux. Alors que des propositions sont faites tous azimuts pour soulager les Belges et les entreprises, notamment un blocage des tarifs ou une taxation des surprofits des producteurs d’électricité, c’est maintenant que le Fédéral se réveille. Mieux vaut tard que jamais, dit le proverbe, mais ici, force est de constater que la réunion du Codeco de ce mercredi arrive, alors que bon nombre de citoyens belges sont déjà aux abois et ne savent plus à quel saint se vouer. Et ce n’est que le début, car la plupart des factures de régularisation sont attendues en fin d’année et la pilule énergétique risque d’être encore plus amère.

Certes, le Gouvernement fédéral avait pris des mesures dont l’évaluation dépasse les 3 milliards d’euros, mais celles-ci se sont avérées largement insuffisantes face à la flambée des factures.

Par ailleurs, les mesures du Codeco, à supposer qu’il y en ait qui sont prises à l’issue de la réunion, risquent de ne pas être implémentées aussi rapidement que l’auraient souhaité les citoyens malmenés par la flambée des tarifs. Et en matière d’énergie, c’est principalement le Fédéral qui a la main en la matière et il aurait pu prendre des mesures sans passer par le Codeco et alléger ainsi rapidement la tension qui sévit dans les foyers. Par ailleurs, l’annonce du Codeco rappelle ces réunions organisées dans le cadre de la lutte contre la pandémie du Covid-19 et qui n’ont pas vraiment laissé un bon souvenir aux citoyens. Et l’Europe aussi à son mot dire. Donc, les responsables feraient mieux de ne pas trop abuser de ces réunions du Comité de concertation pour prendre des mesures visant à soutenir le pouvoir d’achat des Belges.

L’heure n’est plus à des réunions interminables pour savoir ce qu’il faut décider pour aider les concitoyens. Il faut des mesures à concrétiser rapidement, car il y a urgence.

Car, au lieu d’apaiser la colère qui gronde dans les foyers, ils risquent de provoquer une explosion sociale qui pourrait être difficile à contenir. L’heure n’est plus à des réunions interminables pour savoir ce qu’il faut décider pour aider les concitoyens. Il faut des mesures à concrétiser rapidement, car il y a urgence. Des dirigeants de pays comme l’Espagne et le Portugal, dont les compatriotes sont confrontées à la même situation énergétique que les Belges, avaient très vite empoigné les taureaux par les cornes et pris langue avec la Commission européenne afin de valider des mesures de soutien.

Aujourd’hui, ils respirent mieux que nous. L’heure n’est pas non plus à des positions dogmatiques, mais il faut plutôt faire preuve de réalisme, de pragmatisme et de hauteur de vue pour trouver des solutions et venir en aide aux consommateurs. Nos dirigeants politiques doivent aussi éviter de fanfaronner en revendiquant la paternité d’une telle mesure ou d’une telle proposition, comme s’ils étaient en campagne électorale. Car avec de telles attitudes, ils offrent à la population un spectacle digne d’une Commedia dell’arte qui n’honore pas le personnel politique et qui ne contribuera pas à redorer leur blason auprès des citoyens.




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